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Ivoir-Opinion

FPI, la danse des sorciers ou la symphonie du bêlement

6 Février 2015 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

FPI, la danse des sorciers ou la symphonie du bêlement

Une race de sorciers vient de voir jour au FPI. En pleine journée, ils veulent faire croire en l’incroyable. Par toutes sortes de subterfuges, faire croire que le faux devient source de crédibilité, le malin, ange de lumière. Si certains militants se sont laissés prendre par cette mayonnaise machiavélique, beaucoup reviennent à la raison. Analysant avec lucidité les déterminants de cette crise, on distingue six types de sorcellerie.

1. La sorcellerie Juridico-gymnique

Je trouve sidérant que des militants ne se prononcent pas sur le non respect de la proposition de candidature du Président Laurent GBAGBO avec l’article 12 de nos statuts et la non-conformité de cette proposition avec les critères définis par Dano DJEDJE, le Président du Congrès.

Par moment ils se réfèrent aux textes pour dire que l’on n’est nullement obligé de faire une demande manuscrite (art 18), à d’autres occasion ils relèvent que celle-ci peut émaner de ceux qui en font la proposition et non du proposé. Mais les mêmes n’ont pourtant jamais remis en cause les critères de Dano DJEDJE où il est clairement fait mention des dossiers du candidat et non d’une proposition.

Nonobstant les recommandations de l’article 12, comment maintenir une proposition de candidature sans que le proposé ne l’accepte ? S’il le fait, il lui revient de se conformer aux dispositions réglementaires de cette candidature à savoir les documents afférents et le délai imparti.

Ces camarades évitent soigneusement de se prononcer sur le fond (la décision du comité de contrôle) et exigent la convocation d’un comité central extraordinaire pour trancher la question. Mais ergoter expressément que les décisions du comité de contrôle s’imposent à tous, qu’elles soient fondées ou non, a fini par mettre au grand jour leur lugubre dessein : parachever la forfaiture en entérinant cette décision malgré son caractère discriminatoire et obtenir le retrait de l’autre candidature.

Donc rien de nouveau, sauf que le mouton de sacrifice, refusant d’être le dernier Gaou ne se prête pas à ce jeu cynique et s’en remet à la justice.

Présumant, au regard de la légèreté des conclusions du Comité de contrôle, la décision de la justice, ils dénoncent la partialité du système judiciaire, cette justice de vainqueurs.

S’oubliant quelque peu, ces militants élèvent des clameurs à propos « de l’outrecuidance » du parricide d’avoir franchi le Rubicon en « collaborant » avec le dictateur.

En vain essaient-ils de camoufler l’acte on ne peut plus parricide d’avoir en 2013, placé la libération de Laurent GBAGBO au 35ème rang de leur matrice d’actions et fait de la participation aux élections de 2015 l’une de leurs premières priorités.

L’attitude juridico-gymnique de supra intellos n’a pu arriver à bout de la rectitude vigilante d’une catégorie de militants.

2. La Sorcellerie du « Gbagbo a dit »

Personnellement, je n’apporte aucun crédit aux différents messages par personnes interposées. Ce que je sais c’est que Laurent GBAGBO candidat, aurait pris toutes les mesures pour se conformer aux textes du parti. Il a même dit lors de son audience à la Haye, qu’il faut que l’on respecte les règles que l’on s’est donné.

Quel est le problème ? Pourquoi ne s’engage –t-il pas par écrit ? Est-ce préjudiciable ? Si oui alors la proposition de sa candidature serait donc une erreur. Le reconnaître va certainement grandir ceux qui l’ont proposé.

GBAGBO est-il si handicapé au point de ne pouvoir rédigé une simple lettre manuscrite ? Pourtant la magie de l’image nous le présente avec ses 4 membres et celui qui est allé 21 fois le voir ne nous a pas dit le contraire.

De ce qui précède, même si le pape vient nous dire Gbagbo m’a dit, nous lui tournerons le dos, à notre corps défendant.

3. La sorcellerie de la lettre de GBAGBO

Une lettre tant attendue, arrivée hors délai le 27 novembre, avec l’en tête d’un notaire, par un avocat ivoirien, Maître TAPI, non accrédité à la CPI et ne faisant pas partie du collectif des avocats de Gbagbo.

L’avocat reconnait n’avoir pas rencontré Laurent GBAGBO à la Haye. Deux mois plus tard il semble revenir sur ses dires. Bref, le notaire légalise sur la base de documents périmés.

Dans ce courrier, Laurent Gbagbo, fondateur du Fpi, méprise la hiérarchie protocolaire du parti au point d’oublier les militantes et les Secrétaires Généraux de Fédération.

Dans cette lettre, Gbagbo se trompe sur l’orthographe du nom d’Assoa ADOU, son compagnon de lutte depuis 1967, son camarade de parti et son ministre durant 5années. Et la cerise sur le gâteau c’est cette signature sur laquelle un néo-graphologue constaterait le faux ou tout ou moins émettrait de sérieux doutes.

Jugez en vous-même !!

  

 

Pour mettre fin à toutes ses supputations et arrêter le manège des faussaires, nous exigeons une simple lettre manuscrite (signée de Gbagbo) avec en tête de la CPI.

L’alchimie escomptée fut de courte durée. Les indiscrétions situent sur l’origine de ce fameux courrier. Bientôt il fera jour.

4. La sorcellerie du parti exclusif de Gbagbo

Le FPI serait la chose de GBAGBO. Se trouvant dans une posture de combat, Il convient tout naturellement de lui restituer son outil au moment où il en a le plus besoin.

Sauf que quelque soit sa détermination, ses conditions de détention ne se transformeront pas à l’issue de son élection à la tête du Fpi. Alors qui dirigera effectivement le Fpi à Abidjan, tandis qu’il est toujours en prison ? Sacrilège, ne violons pas le secret du Chef.

Et puis le Chef étant toujours bien inspiré, s’il lui revenait de désigner un « mouton » , notre devoir serait de le suivre, dixit le Fédéral de Gagnoa.

Au risque de me tromper, les militants ont adhéré au Fpi pour les idées. Mais sorcellerie oblige, comme c’est mouton qui suit mouton, par magie subliminale les militants le sont tous devenus. Serait ce donc la symphonie du bêlement au FPI ?

Le danger sous jacent c’est bien la dérive dictatoriale. Laurent GBAGBO serait-il le seul capable de diriger le FPI ? Alors qu’en privé Sangaré reconnait l’aventurisme d’une telle conception de la politique, il se garde bien de l’affirmer publiquement car le faire, serait trahir son sacerdoce de gardien du temple, taillé sur mesure pour la cause.

5. La sorcellerie de l’ « Akancratie »

Dans leur élan, ils ont remis au goût du jour l’ « Akancratie », cette trouvaille apposée à Don Melo en 94. Affi serait en mission pour transformer le Fpi, le retirer de sa souche originelle.

Cette nébuleuse n’a point prospéré. Le désenclavement historique du Fpi de l’Ouest de la Côte d’Ivoire date de 1990. Il est un parti national, fortement implanté à l’Ouest, suffisamment à l’Est et au Sud avec une grande marge de pénétration au Centre et sur la voie de reconquérir le Nord.

Alors le combat pour le respect des textes ne peut et ne doit jamais être perçu d’un point de vue tribal. C’est la stricte application de la démocratie interne.

Il est temps de recentrer le débat et d’ouvrir les discussions sur comment sauver le Congrès.

6. La sorcellerie « du GBAGBO ou rien »

Le Congrès doit se tenir sereinement. Le président du parti peut ne pas obtenir le quitus et être statutairement contraint de convoquer un nouveau congrès. Les militants peuvent tout au contraire lui renouveler leur confiance auquel cas il lui reviendrait de dégager une synergie payante pour nos nombreux challenges.

Politiquement, le débat tant attendu sur les deux camps aura-t-il finalement lieu ? Faute de leadership émergent chez les « Gbagbo ou rien » les militants risquent de ne pas être instruits sur le fait qu’on peut revenir au pouvoir sans entrer dans le jeu politique. Or les « Gbagbo ou rien » nous doivent cette rhétorique qui traduit une idéologie politique inédite. Inédite par son immaturité. Inédite pour sa sclérose.

Arrière de nous Sorcellerie, tu es vaincue, tu ne prospèreras plus au nom de …Gbagbo !!!

LOUIS SEVERIN ANOUMA

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