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Ivoir-Opinion

BEN ZAHUI, TEL UN FLAGORNEUR !

17 Mars 2015 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

BEN ZAHUI, TEL UN FLAGORNEUR !

Ses récentes incursions dans le débat politique, principalement autour de la candidature du président Laurent Gbagbo à la présidence du FPI, démontrent, outre ses incohérences, sa compréhension approximative du fonctionnement de l’Etat.

Dans son adresse intitulée « CÔTE D’IVOIRE. CRISE AU FPI : Affi peut-il encore diriger ce parti, sans la caution de Laurent Gbagbo ? Ben Zahui fait le procès du président Affi, « dont les méthodes qu’il emploie en ce moment pour caporaliser le FPI et le mettre au service du régime de Ouattara, outrepassent largement les limites de l’éthique et de la morale et on croit rêver. Beaucoup de billets de banque et de promesses de hauts postes au sommet de l’Etat sont certainement passés par là. Et ce n’est pas très étonnant quand on fait une incursion dans le temps, pour revoir, avec un peu de recul, le film des négociations de Linas-Marcoussis qui ont eu lieu entre le 15 et le 26 janvier 2003. On se rappelle que l’actuel « président du FPI » avait eu un comportement « bizarre » au cours de ces négociations ».

Ce passionné de la politique ivoirienne hiberne durant toute la durée de la direction intérimaire du FPI conduite par le Président Miaka Ouretto et fait brusquement irruption à la faveur de la crise au sein du FPI ; « bizarre » avez-vous dit ?

Les négociations entamées par la direction du FPI de 2011 à 2013 avec Alassane Ouattara, l’Elysée, le président Macky Sall ne le titillaient nullement. Les perdiemes ou jetons de présence à toutes ces rencontres étaient sans intérêt pour cet observateur pointilleux du comportement des hommes politiques au moins depuis Marcoussis. Et si ce long silence n’était dû qu’à des considérations subjectives ?

Ceci étant, Ben Zahui ne donne aucune précision sur les actes caporalisateurs du Président AFFI si ce n’est sa remémoration de « l’acte de trahison » du premier ministre de Laurent GBAGBO à Linas Marcoussis, en rappelant sa « position bizarre » pour expliquer qu’Affi est certainement un récidiviste notoirement friand d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Pour qui connait le fonctionnement de l’Etat, que dire de telles assertions sinon qu’à vouloir déresponsabiliser Laurent GBAGBO de la crise depuis 2002 et décrédibiliser Pascal AFFI N’guessan.

Pour rappel, la table ronde de Linas-Marcoussis dont la mission consistait à dégager un consensus entre les différentes forces politiques ivoiriennes et à tracer le chemin à suivre pour la restauration de la paix s’est conclue par le maintien au pouvoir du Président Laurent Gbagbo et la formation d’un gouvernement de toutes les parties y compris les rebelles.

Notre éminent journaliste, supposerait-il qu’AFFI apposa sa signature au document sanctionnant lesdits accords sans l’assentiment du Président Laurent GBAGBO ? Au risque de froisser le spécialiste de la géopolitique et de la médiation institutionnelle, une rencontre d’une telle importance, dans le régime présidentiel qui est le notre, fait l’objet d’un canevas politique (feuille de route) regroupant la thématique et la marge de manœuvre.

A cet effet que dire de la contribution d’Hubert OULAYE au lendemain de Marcoussis dans laquelle il qualifiait cet accord de pragmatique ?

Quoiqu’il en soit, pour les besoins de la cause le président du Comité de contrôle, l’un des représentants du président Laurent Gbagbo à cette table ronde, est tout excusé. Et nous ne serions pas étonnés que Ben Zahui trouve également des raisons somme toute excusables au comportement de Laurent Gbagbo au sommet de Kléber.

Au grand jamais oserais-je ? Outrecuidant suis-je, Laurent Gbagbo capitula.

L’autre aspect de notre réflexion est relatif à sa dernière contribution, le cynisme exultant d’un «fils» irrévérencieux qui veut maintenant voir son « père » après l’avoir humilié.

Passant sur les épithètes discourtoises, l’argumentaire repose sur la bassesse morale du président Affi N’guessan pour avoir prononcé des oraisons funèbres à l’occasion de ses tournées, ester en justice aux fins d’invalider la candidature de Laurent GBAGBO à la présidence du FPI, montrer son insoumission aux textes et aux structures du parti et surtout afficher sa volonté de se rendre à la Haye pour y rencontrer le président Laurent Gbagbo.

Que le président AFFI se rende à la Haye est semble –t-il le vœu d’une bonne partie des ivoiriens et des militants. A l’évidence, ces retrouvailles entre les deux meilleurs collaborateurs mettent du « sable dans l’attiéké » des intoxicants et rendent indigestes toute leur propagande.

Au grand dam des cabalistes, AFFI prendra le temps d’exposer la réalité d’une bonne partie des militants, notamment de la majorité des secrétaires généraux de fédérations relativement à sa candidature à la présidence du FPI.

Et par dessus tout, pour avoir bataillé pour une sortie honorable de la crise post-électorale, les deux adeptes de la négociation, peaufineront certainement la stratégie de la libération de l’illustre prisonnier et celle de la reconquête du pouvoir au grand dam des cabalistes.

A l’inverse, le refus d’une telle rencontre ou un échec fragiliserait momentanément l’équipe dirigeante du FPI mais ne constituerait pas pour autant sa chute (ou sa mort politique), fort de l’adhésion d’un grand nombre de militants à la vision du président AFFI.

En ce qui a trait à l’analyse de Ben Zahui, la convocation d’un comité central extraordinaire par les 2 /3 des membres statutaires (et non des faussaires) obéit à des préalables tout comme ne peut être spéculative, la démission collective du Secrétariat Général.

Pour l’essentiel, aucun fait ne vient étayer la question principale, le nœud gordien de l’affaire : Laurent GBAGBO a-t-il fait acte de candidature selon les textes du parti et les recommandations de Dano DJEDJE ?

Ben Zahui comme bon nombre de frondeurs refuse de se soumettre à ce simple exercice. Diantre, Laurent Gbagbo est-il si spécial pour que sa candidature aussi spéciale soit-elle se passe de toute prescription ?

Sait-il qu’il est impossible de joindre par téléphone Laurent GBAGBO de l’extérieur ? Gbagbo est-il handicapé au point de ne pouvoir mettre par écrit et dans les délais requis tout ce qu’il dirait à ces visiteurs ?

Que Ben Zahui se démarque des verbiages et apporte des réponses à ces interrogations. Il serait tout aussi intéressant qu’en sa qualité de panafricaniste, nous soyons édifiés sur la politique de rupture du président Laurent Gbagbo vis-à-vis du système dominant.

Les ivoiriens ont beaucoup d’estime et de respect pour le président Laurent Gbagbo. Cependant ses laudateurs en donne une image idyllique digne d’un demi-dieu. Poussant le cynisme à l’extrême, des comportements de même nature seraient absouts lorsqu’il s’agit de Gbagbo et condamnables pour d’autres.

Dans le contexte actuel, Laurent Gbagbo aurait-il fait autre chose que « asseyons-nous et discutons ». Les irréductibles de la ligne politique du FPI franchiraient-ils le Rubicond pour le traiter de Judas ? L’ont-ils une seule fois fait lorsqu’à la mort de BOGA Doudou, Gbagbo engagea les discussions avec les rebelles pour en faire des premiers-ministres et des ministres ?

Le faisant tournait-il la page de BOGA Doudou ?

Convaincu que l’instauration de la démocratie est une œuvre de longue haleine, le FPI, parti démocrate n’a pas besoin de lèche-bottes mais plutôt de militants avertis, conscients des enjeux de la Côte d’Ivoire.

Louis Sévérin ANOUMA

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