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Ivoir-Opinion

Laurent AKOUN ou l’art du reniement

24 Mars 2015 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

Laurent AKOUN  ou l’art du reniement

Dès le réaménagement du Secrétariat Général du 04 juillet 2014, Laurent AKOUN s’est élevé contre la façon cavalière de ce réaménagement en faisant recours au Comité de Contrôle. Au comité central du 16 août 2014, son retour au Secrétariat Général a été récusé par AFFI N’GUESSAN au motif que les relations de confiance entre le Président du parti et le Secrétaire Général ont été rompues.

De ce qui précède, AKOUN prit son bâton de pèlerin pour défendre une certaine « éthique politique », la ligne politique des « Gbagbo ou rien ». Perçu comme l’un des orthodoxes de la fronde contre le Président AFFI N’GUESSAN, les réflexions de Laurent AKOUN sur la crise au FPI et la vie politique ivoirienne ne passent pas inaperçues au regard de son militantisme syndical et politique.

C’est ainsi qu’au plus fort de la crise relative à la candidature du président Laurent GBAGBO au 4ème Congrès du FPI, AKOUN Laurent, au Meeting de Koumassi du 22-11-2014, affirme sans ambages : « J’ai fait savoir à nos cadres qui sont sortis de prisons que tant que Gbagbo ne sort pas, on ne bouge pas et on ne tourne pas sa page…. Nous c’est Gbagbo on connait….Gbagbo ou rien »

Cette position phare des frondeurs constitue un préalable à toute participation au jeu politique. AKOUN est donc constant lorsqu’au meeting d’Aboisso du 15 février 2015, il déclare que «Les présidentielles 2015 ne concernent qu'Affi qui nourrit une ambition morbide du pouvoir. Le Fpi de Laurent Gbagbo n'en est pas concerné, puisque le congrès qui devait trancher a été annulé sine die par le même Affi. Le Fpi n'est pas concerné par des élections pour accompagner Ouattara, qui a fait de la Côte d'Ivoire, une barque qui tangue. Nous ne serons concernés que par des élections pour gagner et non pour accompagner quelqu'un».

Cependant, la constance et la cohérence du discours d’AKOUN foutent le camp au lendemain de la rencontre entre Koulibaly et Sangaré. En effet, lors de sa conférence de presse du 18 Mars 2015, AKOUN surprend en affirmant tout de go « Qu’un politique prend acte du contexte dans lequel il vit et puis il avance. Ce sont les intérêts du pays qui commandent ces alliances. Si ça peut ramener un minimum de cohésion dans le corps social tout entier, nous, nous sentons que c’est important que les Ivoiriens se rassemblent. »

Etrange, Etrange !! Le préalable « tant que, tant que » passe à la trappe !!

Que s’est-il donc passé entre le 15 février et le 18 mars 2015 pour qu’AKOUN, après avoir dénoncé le regroupement des partis au sein de l’alliance des forces démocratiques (AFD), réalise subitement que le contexte et les intérêts du pays commandent des alliances, un regroupement de partis et/ou d’associations qui revendiquent des élections crédibles pour 2015 ?

Ensuite, pour que les ivoiriens se rassemblent, ne faut-il pas d’abord le faire au sein du FPI ? Les enjeux et les défis de la Côte d’Ivoire ne commandent-ils pas un FPI uni et fort pour des élections en 2015 ?

Mais surtout, pourquoi avoir attendu tout ce temps pour s’accorder avec AFFI N’GUESSAN qui dès le mois d’Avril 2014(interview dans journal l’inter) déclarait à propos du FPI et des intérêts du pays « Le meilleur instrument de promotion de Laurent Gbagbo, c’est le Fpi. C’est un patrimoine politique qu’il laisse à la Côte d’Ivoire. Ce patrimoine, nous avons le devoir de le faire vivre, afin de pouvoir continuer le combat politique même si le président Laurent Gbagbo n’était pas libéré en 2014 ou en 2015. Il faut continuer à mener la lutte pour sa libération. Autrement dit, la libération du président Gbagbo ne réside pas dans la démission face à certaines luttes, certaines obligations. Je ne vois pas de contradiction entre la lutte du Fpi pour la reconquête du pouvoir et la libération du président Gbagbo. Si demain, le Fpi revenait au pouvoir, la libération du président Gbagbo se poserait en d’autres termes. »

En fait, AKOUN ne se définit pas par rapport aux intérêts du parti et à ceux de la Côte d’Ivoire. Pour une question de positionnement, Il fait de l’éviction d’AFFI N’GUESSAN de la présidence du parti, son cheval de bataille.

Cette tâche s’avérant ardue, il s’attèle à son musèlement comme il l’a si bien réussi avec Miaka OURETTO. Cependant, ni l’une ni l’autre n’aboutit. AKOUN échoua.

Pour l’heure, notre combattant intrépide a du souci à se faire puisqu’il est déjà largué à la course pour la présidence du FPI frondeur. DOUATY qui bénéficie d’un grand soutien de la coordination en exil et des frondeurs FPI de l’Ouest est assuré de l’emporter. Comme bouée de sauvetage, osera-t-il un tandem avec Simone ?

Dans la vie, comme en politique, le reniement ne paie jamais !

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