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Ivoir-Opinion

LE PROFESSEUR GNAOULE-OUPOH A LA LISIERE DU POLITIQUEMENT CORRECT

12 Mars 2015 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

LE PROFESSEUR GNAOULE-OUPOH A LA LISIERE DU  POLITIQUEMENT CORRECT

Le Professeur Bruno Gnaoulé-Oupoh, Secrétaire général adjoint Chargé des relations avec les Syndicats et la société civile dans le précédent organigramme du Fpi, fait une analyse de la trahison d’Affi N’guessan avant l’éphémère et clandestin comité central extraordinaire du 05 mars 2015.

Habitué à une écriture raffinée et intelligente, cette sortie du Professeur Gnaoulé Oupoh est à la hauteur de la panique des « Gbagbo ou rien », leur manque de discernement et leur incapacité à se projeter positivement. Elle est à l’antipode du politiquement correct qui consiste à dire les choses sans heurter les consciences, les ethnies ou les minorités.

Avec tout le respect dû à son rang, force est de constater que le professeur est quelque peu émoussé au point de devenir moins alerte. Certainement que l’âge et l’hygiène de vie ont pris le dessus sur la réflexion. Contrairement au vieux vin qui se laisse déguster, l’analyse acerbe du professeur Oupoh, porte à regret.

La litanie d’affirmations dénote le degré de haine et de mépris du Professeur envers la personne d’Affi N’guessan, supposé responsable de l’éviction de Miaka Ouretto, son tribal-préféré. Le professeur passe donc sous silence le musèlement de Miaka par les « synécistes » Akoun et Tape Kipré mais également les tentatives d’évincement de Marie Odette Lorougnon de celui qu’elle a toujours considéré comme un incapable. A ce propos, le silence assourdissant du professeur face aux attaques contre Miaka laisse perplexe un certain nombre de militants de Soubré.

Pour en revenir à notre sujet, trois aspects de la réflexion de notre cher professeur retiendront notre attention. Nous opposerons tout simplement la force des faits et des résultats aux fausses assertions insidieusement distillées de la rhétorique ethnique développée par une catégorie de militants.

  1. Sur la date, la façon solitaire, l’humiliation et la sortie bredouille

« Depuis lors, après avoir fait illusion quelques mois, Affi a abattu ses cartes le 27 mai 2014, en allant de façon solitaire, sur son simple claquement de doigts, rencontrer le ministre d’Etat Kouadio Ahoussou Jeannot, sans le médiateur qu’exigeait l’écrasante majorité du Secrétariat exécutif du parti. Affi est ressorti de cette rencontre, comme il fallait s’y attendre, bredouille et même humilié par son hôte qui s’est même quasiment permis de lui ordonner, comme à un pantin qu’on agite, de faire lever le mot d’ordre de boycott du Rgph. »

AFFI N’guessan a-t-il fait illusion depuis sa sortie de prison en Aout 2013 ? Aller saluer les parents de Laurent GBAGBO, réconforter le peuple Wê victime de Génocide, enlever la peur à Bonoua, Adzopé et Agboville ne constituent certainement pas une illusion pour les militants et les populations visités. Au-delà des marques d’affection et de compassion, ces tournées ont, tout en redonnant espoir, ravivé la flamme militante endormie depuis le 11 Avril 2011.

En lieu et place du 27 mai, la rencontre entre le président AFFI N’guessan et le ministre d’Etat Ahoussou kouadio a eu lieu le 22 mai 2014. Loin d’être une initiative solitaire, elle s’est déroulée en présence d’une délégation non moins significative de la Direction du FPI. En plus du président AFFI N’guessan, la délégation était composée des Vice -présidents Dano DJEDJE et Amani N’guessan, du Secrétaire Général Adjoint Etien AMOIKON et des membres du cabinet, Alcide DJEDJE et Franck Anderson KOUASSI anciennement Ministre et président d’Institution de la République.

Relativement au médiateur, Il aurait fallu préciser, à la représentante de l’Onuci, facilitatrice de la reprise du dialogue entre le FPI et le gouvernement, cette exigence avant toute discussion. Mais le mardi 22 Avril au siège du parti Madame Aïchatou Mindaoudou déclarait que « De part et d’autre, il y a une volonté d’aller vers un dialogue constructif. Ce dialogue doit reprendre et avancer sur la base de propositions concrètes. Par conséquent, mon rôle c’est de faire en sorte que le FPI revienne à la table pour que ce dialogue s’engage ».

Quant à la sortie bredouille, la liste des acquis, dont bénéficie une bonne partie des frondeurs, révèle tout simplement la mauvaise foi.

En effet, au titre de la situation administrative des cadres du FPI, 42 personnes sur 58 sont réintégrées et entièrement prises en charge. Les dossiers des 16 personnes restantes sont en cours de traitement et les actes de réintégration ont été pris.

Concernant la rente viagère, le gouvernement annonce sa décision d'appliquer la loi n°2005-201 du 16 juin 2005 qui accorde une rente viagère à certaines hautes personnalités, notamment les anciens membres du gouvernement, les anciens présidents d'institution et les anciens parlementaires ayant atteint l'âge de 55 ans.

Ajoutés à cela, le dégel de 50 comptes et la mise en liberté provisoire de 150 personnes dont les dossiers ont été étudiés par la justice.

Pour terminer, en quoi la demande de levée du mot d’ordre du boycott du Rgph serait une humiliation lorsque celle-ci ferait l’objet d’un examen à la session du comité central ? De plus, les titres des journaux parlent plutôt d’une supplication du ministre Ahoussou concernant cette préoccupation.

2. Sur le repli ethnique et le comité central

« C’est au Comité central convoqué à cet effet, que tout le monde a pu s’apercevoir que Pascal Affi N’guessan avait un agenda personnel. Les camarades fraîchement rentrés d’exil, et qui gravitent aujourd’hui autour de lui dans l’espoir de participer aux festins royaux du pouvoir Ouattara, avaient été visiblement actionnés par Affi pour le soutenir. Mais en dépit des vociférations d’Alain Dogou, Alcide Djédjé and co (et compagnie), le Comité central les a débouté dans leur requête capitularde, démobilisatrice.

Depuis lors, Affi qui seul, avait déjà rencontré Bédié plusieurs fois, certaines fois en nous informant après coup, a décidé de fonctionner comme son mentor, en «séfon »… Il avait rappelons-le, remplacé le Secrétaire général du Pdci-Rda, Alphonse Djédjé Mady, un Bété par un autre Bété, Maurice Kacou Guikahué. Affi a effectué exactement la même opération en remplaçant le Secrétaire général du Fpi Akoun Laurent, Attié par une Attié, Agnès Monnet, pour les mêmes raisons que son mentor, explicitées déjà plus haut. »

La lecture du Professeur Gnaoulé-Oupoh des interventions des exilés au comité central du 31 Mai 2014 manque d’objectivité. En réalité le comité central, marque l’intérêt que revêt la rencontre entre le gouvernement et le parti et les espoirs qu’elle suscite pour une Côte d’Ivoire apaisée.

Plus précisément, au point 11 de son compte rendu, le Comité Central salue les décisions prises par le Gouvernement, marquant ainsi sa volonté de reprendre le dialogue politique. Le Comité Central se félicite des premières mesures prises, notamment en ce qui concerne le dégel de certains comptes bancaires et la libération de prisonniers politiques. Le Comité Central encourage le Gouvernement à réaliser toutes ses promesses afin de créer les conditions d’édification de la confiance et d’un dialogue politique sincère, franc et constructif.

D’où vient-il donc que le comité central rejette les acquis de cette rencontre au point de débouter certains camarades dans leur requête capitularde ? Si les discussions ont été parfois âpres, l’appréciation du comité central sur la démarche d’Affi a été manifeste.

Toutefois, ce comité central a mis en exergue les tentatives de musèlement du président AFFI entamées depuis sa sortie de prison en Aout 2013 par les précurseurs du « Gbagbo ou rien ». S’échinant à le neutraliser politiquement, ses adversaires patentés s’arc-boutaient autour d’une procédure rétrograde, la recherche du consensus avant toute décision. Le socialiste invétéré Gnaoulé-Oupoh, confond-il consensus et majorité ? Obtiendrait –il un consensus sur un sujet au bout d’un délai raisonnable ? Les textes du parti notamment l’article 7 des statuts le recommandent-il ?

Plus loin, le professeur surprend par ses élucubrations. Instruit au dépassement de soi, au savoir et à l’école de la pensée, Gnaoulé-Oupoh n’a pu se départir de la vieille rengaine tribaliste, l’esprit grégaire des petites gens.

Sur ce point, les appels de Mama et de Daoukro, villages hautement symboliques, sont édifiants. Ils illustrent à eux seuls le repli identitaire de la dimension nationale de la politique.

Le choix de Mama, village natal de Laurent GBAGBO, pour lancer sa candidature à la présidence du FPI n’a jamais offusqué Gnaoulé-Oupoh et consorts.

Par contre, la promotion d’Agnès Monnet, première femme à assumer la fonction de Secrétaire Générale, n’est perçue que sur le plan ethnique. Basta la promotion du genre, remplacer un homme par une femme n’est singulier que s’ils sont d’une ethnie différente.

Cependant Gbagbo, Houphouët et Bédié étaient-ils tribalistes en observant la géopolitique comme une donnée essentielle de la politique ivoirienne. L’ossature Dida-Bété des différents gouvernements GBAGBO fait-elle de notre camarade fondateur un « séfon » ? N’est-elle pas significative de l’implantation du FPI dans le Sud-Ouest ?

N’est ce pas que le tribalisme est devenu le fond de commerce des « Gbagbo ou rien » !

3. Sur la résistance du FPI

«Ceux qui sont au pouvoir sont trop forts. Ne faisons rien qui puisse les gêner ». Clame à tout vent Affi qui dans cette posture capitularde, vient de voir ses comptes dégelés, de retrouver sa liberté de circulation, octroyée par l’Ue, et pour qui, les Assises prononceront bientôt sa condamnation à 24 mois, mais avec sursis. Voici ainsi présenté, un aspect du nouveau paysage politique ivoirien, à travers le trio infernal de dictateurs dont l’un exerce le pouvoir d’Etat et les deux autres lui servant de béquilles sur la scène politique. Eux et leurs suiveurs traitent les démocrates au sein du Pdci, "d’irréductibles", et au Fpi de "frondeurs". La résistance valant en tous points mieux que la capitulation, nous les baptiserons pour notre part, eux qui ont vendu leur âme au diable, pour une bouchée de pain, aussi bien au sein du Pdci-Rda que du Fpi, de vendus capitulards ou vendus collabos (…) Que faire alors pour déverrouiller et rendre possible la démocratie dans notre pays ?

Pour l’instant juste, quelques mots. Il revient avant tout, aux cadres démocrates de chaque formation politique y compris ceux du Rdr et de la société civile de prendre hic et nunc, ici et maintenant, l’exacte mesure de la situation au sein de leur organisation »

Décidément le professeur est totalement en déphasage avec la réalité. Il associe les frondeurs du Pdci à ceux du FPI, nonobstant leur conception diamétralement opposée des enjeux.

Les frondeurs du Pdci comme le président AFFI ont ceci en commun qu’ils refusent le sabordage politique, l’auto suicide. Convaincu que la participation aux élections générales est une question de principe, une posture démocratique, ils revendiquent leur présence dans le jeu politique.

Par contre le refus de participer aux élections constitue pour le président Bédié et les « Gbagbo ou rien » un levain pour la réélection du président Ouattara. Tant que Ouattara est au pouvoir mieux vaut s’abstenir de toute candidature pour le PDCI de Bédié et tant que Gbagbo Laurent est en prison, pas question de se présenter aux élections pour les frondeurs du FPI. La capitulation à souhait.

Alors que faire cher Professeur pour déverrouiller et rendre possible la démocratie ? Qu’a fait la direction intérimaire et Miaka Ouretto votre tribal-préféré pour résister ? Devant le « fort » mieux vaut s’aplatir, surtout ne pas se donner les moyens de le combattre.

Posture capitularde avez-vous dit ? Est-elle du fait d’AFFI ? Que vaut donc votre débauche d’énergie pour expliquer à la diaspora pro-Gbagbo la « traitrise » de Miaka Ouretto lors de sa visite à l’Ambassadeur Charles Gomis.

« Nous comprenons votre colère quand vous nous voyez discuter avec le régime de Ouattara. Je profite de cette rencontre pour vous informer qu’il se pourrait que nous nous rendions au Sénégal après cette mission européenne. Ne soyez donc pas surpris de nous voir au Sénégal, car Alassane Ouattara aurait dépêché le président Sénégalais, Macky Sall aux fins de servir de médiateur dans la crise de confiance qui a cours entre le Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo et le pouvoir de Ouattara ».

Chut ! Chut ! Juste des mots...

Tout bien considéré, la plume élégante du professeur Gnaoulé Oupoh, ses analyses relevées se trouvent ramenées à un niveau inhabituel. Tout en étant politiquement incorrect, versé dans le tribalisme est intellectuellement abject. Vivement que le professeur se ressaisisse pour sortir les frondeurs des méandres de l’irrationnel.

Louis Sévérin Anouma

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