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Ivoir-Opinion

Vers la vacuité du « GBAGBO a dit » ?

7 Juillet 2016 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

Vers la vacuité du « GBAGBO a dit » ?

La vacuité d’un propos c’est reconnaitre son peu d’impact sur un sujet, son inutilité. Bien plus c’est de réaliser la caducité d’un propos dont la teneur participe à la détérioration de la situation.

Depuis la crise au FPI, certains militants étaient à l’affut de la Parole de la Haye, convaincus que celle –ci pourrait, telle une boussole, ramener la cohésion au sein du parti. Scrutant à la loupe ses visiteurs, abreuvés par les déclarations de son porte-parole, confortés par les Unes dithyrambiques de certains journaux bleus, l’adhésion du célèbre prisonnier à la branche Sangariste ne souffrait d’aucune contestation.

Après une trentaine d’années d’existence, les frondeurs décidèrent de soumettre le FPI à l’exercice périlleux du « Gbagbo a dit ». Tout comme Christophe Mitterrand, surnommé « papa m’a dit » parce qu’incapable de concevoir de lui-même, était devenu la risée des Chefs d’Etat Africains, les « GBAGBO OU RIEN » prenaient le risque de se couvrir de ridicule en ajustant leurs décisions politiques au gré de leurs entretiens à la Haye.

Ainsi, mensuellement, trimestriellement ou semestriellement, les « Gbagbo ou rien » donneraient la parole du « président du parti ».

Cela suppose néanmoins la crédibilité du messager, l’opportunité du propos et des décisions subséquentes. Entremêlée par les suspicions, les rivalités et les ambitions personnelles, l’interrogation du propos devient aléatoire : « Gbagbo a-t-il réellement dit » ? ; « A-t-il conditionné son propos »? Etc.

Finalement, de friand de la parole de Laurent Gbagbo on en vient à « en authentifier » ses propos tant les distorsions sont criardes entre ce qu’il aurait dit et les résolutions incongrues qui s’en suivent.

Si cette gestion infantile d’un parti sied aux « Gbagbo ou rien », depuis peu des sons discordants fusent de leur sein, révélant l’unité de façade qui les caractérise. S’achemine-t-on vers la vacuité du « Gbagbo a dit » ?

Le discrédit de la parole de GBAGBO

En effet, les instructions de Laurent GBAGBO confiées à AKOUN Laurent lors de son récent séjour à la Haye, ont du mal à passer.

Les caciques et surtout le vieil ami, gardien du temple, osent remettre en cause les directives de celui qui incarne le Front Populaire Ivoirien. En meeting à Yakasse-Attobrou, Michel GBAGBO rappelle, à toutes fins utiles, que seul Aboudrhamane Sangaré détient la Parole de GBAGBO. Aussi, toute parole émanant d’un tiers, même provenant de la Haye, n’aurait –elle aucune valeur.

Anticipant la probable fatwa de son groupe, prompt à le traiter de falsificateur, AKOUN adapte son compte rendu à la sauce Sangariste. Même si pour certains frondeurs, Laurent AKOUN n’a pas l’étoffe du messager, la question fondamentale est de savoir pourquoi Sangaré s’arroge-t-il le droit de porter un discrédit de la Parole de GBAGBO ?

L’une des raisons de cette supercherie réside en ce que les instructions de Laurent GBAGBO, confiées à AKOUN devant témoins, apparaissent, à n’en point douter, comme un camouflet pour ces thuriféraires et les placent en position de faiblesse lors des futures négociations avec la direction du parti conduite par AFFI N’GUESSAN.

L’autre, tout aussi importante est le refus de faire amende honorable en demandant pardon aux militants chauffés à blanc depuis quelques années. Perdre la face devant les militants, jamais, ô grand jamais !

De ce fait, se donner de la contenance quitte à discréditer la parole de GBAGBO, est le leitmotiv de la position des frondeurs.

L’enjeu en vaut-il la chandelle pour qu’on en vienne à désacraliser la Parole de GBAGBO Laurent? Toute chose étant connue, la guerre de positionnement autorise –t-elle d’en atténuer la Substance ?

A l’évidence depuis que l’Ethique, n’est plus maitresse des actions des frondeurs, franchir ce rubicond ne nous étonne guère.

Bannir l’irresponsabilité

Le compte rendu emphatique du comité central des frondeurs du 02 juillet 2016 met en exergue l’ostracisme politique et la prise en otage d’une bonne partie des militants par des intérêts ubuesques et mesquins.

Utiliser la popularité de Laurent GBAGBO pour atteindre des objectifs malsains aboutit à des décisions légères en déphasage avec la réalité politique de l’heure, la reconquête du pouvoir d’Etat.

Cependant, le comportement des frondeurs questionne sur la démarche politique car se résigner à n’attendre que la « parole de Gbagbo » s’apparente plus à un Club de soutien qu’à un parti politique confronté , après une trentaine d’années d’existence , à la capacité politique et l’intelligence de la méthode pour restructurer le FPI et engager des actions en vue de la Libération de Laurent GBAGBO ?

Conduire le parti sur l’essentiel, c'est-à-dire sur sa raison d’être, demeure la marche impulsive qui inscrira le FPI au rang des grands partis. L’estime du président Laurent GBAGBO, ne doit nullement scléroser la dynamique du parti. Bien au contraire la Parole du leader charismatique ne peut que féconder la réflexion en vue d’actions opportunes.

En la matière, l’unité est le vecteur de la reconquête du pouvoir. Considérant que la fronde rend inopérant le FPI et lui dénie toute prospective, il convient aux Sangaristes de reconsidérer leur voie en saisissant la main tendue du Président Pascal AFFI N’GUESSAN.

Loin d’être une vacuité, les propos du président Laurent GBAGBO sont empreints de réalisme si tant est qu’on leur donne du sens.

LOUIS SEVERIN ANOUMA

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