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Ivoir-Opinion

CÔTE D’IVOIRE 2O2O, L’IMBROGLIO DES ALLIANCES !

23 Avril 2017 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

CÔTE D’IVOIRE 2O2O, L’IMBROGLIO DES ALLIANCES !

En côte d’Ivoire, sachant qu’aucun grand parti (PDCI, FPI, RDR) ne peut remporter l’élection présidentielle sans alliance, l’effervescence gagne les différents états-majors quant à la perspective de 2020. Au sein du RHDP au pouvoir, les dissensions apparaissent, tandis que dans l’opposition des groupuscules se mettent en place.

Après avoir fustigé le comportement des partis politiques jugés trop complaisant avec le régime dont le FPI du président Affi N’GUESSAN, l’opposition radicale, quitte à se faire passer pour des traites, entend prendre sa place dans le jeu politique.

Reconnaissant les désavantages de la politique de la chaise vide, les Gbagbo ou rien, multiplient les appels de pieds auprès de la classe politique de l’opposition tout en espérant créer des brèches au sein du pouvoir.

Les houphouétistes dans la tourmente

Au Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), malgré les ajustements institutionnels de la 3ème République, des lézardes de plus en plus larges menacent de disloquer cette coalition au pouvoir vieille de plus d’une quinzaine d’années.

Le RDR entend demeurer au pouvoir en 2020 alors que des voix discordantes s’élèvent pour fustiger l’inégalité de traitement entre les partis. L’UDPCI et encore plus le PDCI- RDA, estimant avoir fait leur part de sacrifice, refusent de se ranger derrière tout candidat du Rdr et se préparent en conséquence à désigner leurs candidats respectifs.

Les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont du mal à contenir leur troupe car les prétendants internes au RDR et au PDCI ne manquent pas.

Guillaume Soro qui peine à s’imposer au RDR, plutôt favorable au premier ministre Gon Coulibaly, rêve d’un rassemblement plus large notamment avec l’opposition radicale.

L’opposition en tâtonnement

C’est un secret de polichinelle qu’un certain nombre de partis politiques, d’associations ou de personnalités membres de l’ex-Cnc n’adhèrent pas à « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » ( EDS ), la nouvelle plate-forme de l’opposition, créée le 20 avril dernier et inspirée par les GBAGBO ou rien d’Aboudhramane Sangaré.

Si les absences de KONAN BANNY et KKB s’expliquent par leurs retours au bercail, celles de Koulibaly Mamadou (LIDER), Boni Claverie (URD), d’AKA Ahizi (PIT), KOFFI Konan Siméon et d’autres, laissent les ivoiriens perplexes quant à l’avenir de ce mouvement.

De sources concordantes, dans la perspective de 2020, certains leaders conditionneraient leur participation à plus de visibilité dans le jeu des alliances.

Ainsi, outre le fait que quelques-uns seraient de potentiels candidats, l’alliance probable avec Soro guillaume ne retiendrait pas leur assentiment au motif qu’elle annihilerait, en plus de leur image, leur investissement politique auprès des populations.

D’autre part, le tandem SORO- Yasmina concrétisé par la désignation de son oncle Georges Armand OUEGNIN, à la présidence de l’EDS, en vue de fragiliser l’électorat PDCI et le positionnement de Philippe Henri Dakoury Tabley, l’ex gouverneur de la BCEAO, afin de capitaliser les voix des populations de l’Ouest, handicaperaient fortement cette nouvelle coalition « politico- ethnique ».

l'EDS et SORO fragmenteraient l'électorat du Nord, grignoteraient celui du PDCI mais surtout consolideraient un engrage à l'Ouest.

Cependant , si Soro Guillaume est le cheval des GBAGBO ou rien pour revenir aux affaires, devenir des faire-valoir ou servir de béquilles est une autre paire de manche pour beaucoup de leaders de l’opposition.

De plus, la libération prochaine de Simone GBAGBO ajoutera de nouvelles incertitudes quant au leadership de l’EDS dont la monture actuelle lui poserait problème. A moins que Laurent GBAGBO ne l’y oblige, elle acceptera difficilement de s’allier à Soro Guillaume et Nady BAMBA sa co- épouse. Sans aucun doute cherchera- t- elle à briguer la magistrature suprême en fédérant autour de sa personne, un certain nombre d’associations et de mouvements.

En attendant que les nuages ne se dissipent sur les intentions des uns et des autres, l’EDS aura fort à faire sur le terrain pour préparer les populations au soutien de Guillaume SORO.

Car les autres partis de l’opposition n’auront aucune difficulté à argumenter contre cette coalition d’autant plus que les séquelles de la guerre sont encore vivaces.

Quant à l’Alliance des Forces démocratiques ( AFD), du président AFFI N’GUESSAN (FPI), malgré ses « échecs » successifs aux élections présidentielles de 2015 et aux récentes législatives, elle conserve une implantation non négligeable dans le Sud Est. Elle reste une équation aussi bien pour l’opposition et le pouvoir dans la mesure où rien de sérieux ne peut s’envisager sans elle.

Le poker gagnant du PDCI-RDA

C’est d’ ailleurs dans ce sens que les tractations souterraines entre l’AFD et le PDCI déboucheront sur une synergie gagnante pour le PDCI.

Car, en cas d’une alliance EDS – SORO et d’une dislocation du RHDP occasionnant ainsi un émiettement des voix, l’alliance entre le PDCI et le FPI d’AFFI N’guessan aurait des chances de remporter l’élection présidentielle de 2020.

En effet, fort de son implantation au Centre, à l'Est et au Sud-ouest, il suffirait au PDCI de compléter les 300 000 voix d’AFFI pour facilement revenir au pouvoir, d'autant plus qu'une telle alliance serait mieux perçue que celle de Soro et de Sangaré.

Sachant que le Rdr ne lui fera jamais la passe et que Soro Guillaume est loin de faire son affaire, il appartient au Pdci de prendre ses responsabilités.

Demain c’est déjà aujourd’hui !

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