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Ivoir-Opinion

Les symboles de Macron qui nous parlent

15 Mai 2017 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

Les symboles de Macron qui nous parlent

Peu de Béninois ont remarqué que le tout nouveau Président français investi ce dimanche a tenu à marquer son patriotisme français. Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont été habillés par des maisons françaises. Le Président portait un costume Blue Dark de chez Jonas & Cie, d’un coût estimé à environ 450 euros (environ 295.000 FCFA). Pour une occasion aussi solennelle, le costume était vraiment bon marché. Il est loin en tout cas des choix que l’on fait au Bénin en pareilles occasions. Ici, en effet, le Président aurait opté pour un costume de chez un grand couturier occidental pour plusieurs millions de FCFA. Il eût fait autre chose que ses propres amis lui eurent trouvé un manque de goût, un comportement de villageois impropre à la grande classe que l’on attend du Chef de l’Etat. En France, il n’y a eu personne pour lui reprocher de ne pas incarner le luxe et le clinquant. On loua même sa modestie, son respect pour les plus pauvres, par ces temps de crise économique.
Brigitte Macron, quant à elle, a pu porter une jupe courte et une robe bleu lavande accompagnée d’une veste à double boutonnage. Spécialement conçue pour l’occasion, la tenue est signée par le créateur français Nicolas Ghesquiere de la maison Louis Vuitton. Précision : la tenue ainsi que le sac lui ont été prêtés. Notez bien : ils lui ont été prêtés. Notez aussi que tout cela respire français. Autrement dit, le couple présidentiel s’est exclusivement habillé français.  Que ce soit Jonas & Cie ou Louis Vuitton, les deux maisons sont des représentants de la couture et du luxe français. Que ne dirait-on pas ici, dans le cercle restreint des connaisseurs, lorsqu’en une occasion aussi solennelle, le couple présidentiel avait arboré des tenues conçues et cousues par nos meilleurs artistes et nos meilleurs artisans ?  On aurait jasé sur le manque de goût de l’un, l’hypocrisie de l’autre et on aurait fini par conclure que ce couple n’est vraiment pas «civilisé». Car la «civilisation», en matière d’habillement, vient justement de Paris, de Rome, Londres ou New-York, c’est-à-dire bien loin des caniveaux de Sainte-Cécile à Cotonou ou des rues mal foutues de Houinmè à Porto-Novo.
Parlons maintenant de la symbolique automobile. C’est finalement à bord d’une DS7 Crossback qu’Emmanuel Macron a effectué ses premiers tours  de roue en tant que président de la République, dimanche 14 mai. Le  modèle a été spécialement transformé en voiture d’apparat, parée à descendre les Champs-Elysées comme le veut la tradition : une vaste capote en toile, à ouverture électrique, a été aménagée dans le toit et une barre de maintien installée derrière les sièges-avant pour se tenir debout plus facilement. Des Leds lumineux ont été intégrés à l’avant alors que le logo DS fixé sur le capot est bleu, blanc et rouge. Comme l’exigent les services de sécurité, la voiture,   dont la version de série sera commercialisée en fin d’année, a fait l’objet d’un blindage.Il y a cinq ans, François Hollande avait utilisé la DS 5. Comme tous les chefs d’Etat français avant eux, en matière de voiture, c’est la marque française qui est exclusivement utilisée. De Gaulle roulait dans une Traction de chez Citroën, Pompidou des limousines SM toujours Citroën et Chirac aimait bien sa CX Prestige. Quant à Valéry Giscard d’Estaing, il préférait Peugeot alors que Mitterrand utilisait une Twingo.
Bah, me rétorquerait-on, le Bénin n’a pas encore une industrie automobile. Donc nos dirigeants peuvent bien prendre des libertés. Sans doute. Mais à ce niveau, il faut bien remarquer qu’en France, comme partout ailleurs dans les pays développés, choisir une marque étrangère, serait une injure à la créativité et à la qualité nationales. Ayant été choisi d’abord en raison de son attachement au pays et à la résolution de ses problèmes, le président français incarne les valeurs de la France et se doit de les exalter à la face du monde.
Ceci est bien loin de ce que nous voyons sous nos cieux. Il y a quelques mois, le nouveau Président ghanéen, Nana Akufo-Ado arborait, lors de son investiture,une tenue traditionnelle chatoyante tout droit sortie des mains des artistes de son pays. Idem pour le Gambien, Adama Barrow, lors de son investiture le 19 janvier 2017.   Il faut aussi espérer que, comme John Magufuli, Président de la Tanzanie, nos dirigeants se soignent enfin dans nos hôpitaux, au lieu de courir au Val-de-grâce à la moindre toux…

Olivier ALLOCHEME

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