Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Ivoir-Opinion

Une Saoudienne en mini-jupe et nombril à l'air déclenche la colère des autorités

20 Juillet 2017 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

Une Saoudienne en mini-jupe et nombril à l'air déclenche la colère des autorités

Porter une mini-jupe en Arabie saoudite peut coûter cher. Ce week-end, une femme a posté une vidéo d’elle sur Snapchat, où on la voit marcher de dos, vêtue d’une jupe et d'un tee-shirt court dévoilant une partie de son ventre. La scène peut paraître anodine… Sauf qu’elle se déroule à Ushayqir, un village situé dans l’une des régions les plus conservatrices du pays. Relayées sur Twitter, les images n’ont pas échappé aux autorités saoudiennes… qui ont l'ont arrêtée.
 

ACTUALISATION 19/07 : La police a finalement relâché la jeune femme sans poursuite, selon un communiqué du ministère de l'Information diffusé mercredi 19 juillet.


À peine 24 heures après la publication de la vidéo, le "Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice" de Riyad a annoncé l’ouverture d’une enquête. "La présidence a identifié une vidéo d’une fille avec des vêtements différents et nous nous coordonnons avec les autorités pour enquêter", a fait savoir le comité sur Twitter dimanche 16 juillet. 


Cette entité du gouvernement saoudien, dont dépend la police religieuse du pays, est chargée de faire appliquer la charia, qui impose notamment aux femmes - selon l'interprétation qui en est faite par le royaume - de porter l’abaya, un voile qui couvre les cheveux et le corps. 

La photo de ce qui semble être un mandat d’arrêt de la police de Riyad a également circulé sur Twitter. Selon le document, la jeune femme, surnommée "Khulood", est accusée d’avoir pris "des photos alors qu’elle portait des habits indécents, manquant ainsi de respect et violant les enseignements de l’islam, ainsi que les traditions et coutumes du pays". 


La télévision d'État a annoncé mardi 18 juillet l'arrestation de la jeune femme. Mais la police l'a finalement relâchée le soir-même et le dossier a été clôturé par le procureur, a indiqué mercredi 19 juillet le ministère de l'Information dans un communiqué.
 

 


La rédaction des Observateurs de France 24 n'a pas réussi à entrer en contact avec cette femme, qui se présente sur Snapchat comme mannequin, ni avec la personne qui l'a filmée. Par ailleurs, aucune trace d'elle n'apparaît sur Internet avant la publication de cette vidéo.


Un hashtag pour demander le jugement du mannequin


Sur les réseaux sociaux, les images ont rapidemment provoqué un vif débat. De nombreux Saoudiens se sont indignés de la tenue du mannequin et plusieurs de leurs messages étaient même accompagnés du hashtag #مطلوب_محاكمه_مودل_خلود (on demande le jugement de "mannequin Khulood").

“En France, le niqab est interdit et les femmes sont condamnées à une amende si elles le portent. En Arabie saoudite, porter des abayas et des vêtements modestes fait partie des lois du royaume”, explique ainsi un internaute sur Twitter. 


L'écrivain saoudien Ibrahim al-Mounif a dénoncé le "comportement anarchique" du mannequin et appelé au respect des lois. 
 

 

18:16 - 16 Jul 2017​​​​​​​


Le journaliste Khaled Zidan a lui qualifié de "déviante" la jeune femme. 

D’autres internautes ont abondé dans ce sens et ont partagé la photo en prenant soin de la flouter ou de recouvrir ses jambes.

"Ne rendez pas célèbres les imbéciles", écrit cet utilisateur. 


À l’inverse, une femme s’est étonnée des contradictions des autorités saoudiennes : "Si c'était une étrangère, ils loueraient la beauté de sa taille et de ses yeux... Mais elle est saoudienne, alors ils demandent qu'elle soit arrêtée", a-t-elle indiqué sur Twitter. 
 

 

https://pbs.twimg.com/ext_tw_video_thumb/886603026009657344/pu/img/t97NNtR98ZTb9Pe_.jpg https://pbs.twimg.com/ext_tw_video_thumb/886603026009657344/pu/img/t97NNtR98ZTb9Pe_.jpg

 


D’autres ont encore pointé du doigt les traitements de faveur réservés aux femmes étrangères, faisant notamment référence à la femme et la fille du président américain, Melania et Ivanka Trump, qui n’avaient porté ni d’abaya ni de foulard lors de leur visite en Arabie saoudite en mai 2017.​​​​​​​

En Arabie saoudite, la police religieuse a également l’habitude de réprimander et chasser les femmes dont la tenue est jugée non conforme aux bonnes mœurs. 

Lire aussi >> Une Saoudienne filme sa traque par la police religieuse dans un centre commercia

En février 2016, les méthodes du "comité de promotion de la vertu et de prévention du vice " avaient déjà fait réagir les internautes saoudiens après l’arrestation d’un homme en costume de princesse à Riyad.

Lire aussi >> La police saoudienne arrête un homme en costume de princesse à Riyad

 

ARABIE SAOUDITE

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article