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Ivoir-Opinion

DEVOIR DE MEMOIRE : COTE D'IVOIRE

3 Novembre 2012 , Rédigé par ivoir-opinion Publié dans #côte d'ivoire

Ce récapitulatif des évènements en Côte d’Ivoire, depuis Marcoussis, permet de garder en mémoire le jeu trouble de certains acteurs de la crise ivoirienne. Certains choix ont été inappropriés et ont constitués des brèches dans lesquels les ennemis de notre pays ce sont facilement engouffrés.

 

L’année 2003 est une année charnière parce que les dirigeants ont  manqué de réactivité et d’audace notamment par l’acceptation de la Minuci (Onu) avec le fantoche Tévéodjéré. En 2003, le pouvoir exécutif contourne de plus en plus le pouvoir législatif qui essaie tant bien que mal de conserver ses prérogatives. En 2003, le calvaire des populations de l’Ouest depuis 2002, par les libériens à la solde des Forces Nouvelles, continue.

(ivoir-opinion)

 

(Afrique-Express N° 270 du 20 mai 2003)

Le Président donne son accord pour le déploiement de forces neutres dans l’ouest

Le président Laurent Gbagbo a donné son accord pour le déploiement d’une force neutre dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, a annoncé le 16 mai le président du Comité de suivi des accords de Marcoussis et représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Albert Tevoèdjrè.
Ce déploiement de forces neutres - troupes françaises de l’Opération Licorne et soldats ouest africains de la MICECI - se fera dans les zones contrôlées par les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) comme dans les zones contrôlées par les Forces nouvelles, regroupement des trois rébellions ivoiriennes.
Depuis plusieurs mois, les populations ivoiriennes de l’ouest sont victimes d’exactions, notamment de la part de supplétifs libériens combattant avec les soldats du président Gbagbo ou avec les rebelles ivoiriens.
Le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI, principale et plus ancienne rébellion) a lancé avec succès voici quelques semaines une opération de sécurisation de l’ouest, destinée à désarmer et chasser ses anciens alliés libériens de l’ouest.
Au moins 140 Libériens, des combattants et des civils, sont gardés dans la prison de Man, la capitale de l’ouest ivoirien, par les rebelles ivoiriens, officiellement pour leur protection.
Certains des Libériens “gardés” à Man reconnaissent être des combattants qui s’étaient engagés dans les rangs du Mouvement populaire ivoirien du Grand ouest (MPIGO), d’autres affirment être des civils “arrêtés parce que anglophones”.

 

Le pouvoir sommé de nommer un ministre de la défense

 

Tous les partis politiques ivoiriens, sauf le parti au pouvoir, le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, ont signé le 7 mai au Parlement un texte commun dans lequel ils fixent notamment un ultimatum au pouvoir pour nommer un ministre de la défense. Tout en reconnaissant des avancées dans l’application des accords de paix de Marcoussis, signés fin janvier en France, ces partis, dont le PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire), n’ont pas de mots assez durs dans leur communiqué final à l’égard du pouvoir en place, et dénoncent entre autres choses le “blocage créé par le refus du Président de la république d’accepter le consensus qui se dégage pour la nomination du général Gaston Ouassenan Koné (PDCI, ndlr) en qualité de Ministre de la défense.
Ce poste, revendiqué fin janvier par le Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), n’est toujours pas attribué et est actuellement occupé de façon temporaire.
Dans un réquisitoire auquel se sont associées les “Forces Nouvelles” (les mouvements rebelles, dont le MPCI de Guillaume Soro), et qui sonne comme un “tous contre le FPI”, les partis politiques signataires des accords de Marcoussis dénoncent également “les propos et le ton” du président du Parlement, Mamadou Koulibaly, le 30 avril dernier.
Faucon et très proche du président Gbagbo, ce dernier avait taillé en pièces les accords de Marcoussis, dénigré le président du comité de suivi de ces accords et représentant du secrétaire général de l’ONU, et carrément convoqué le Premier ministre Seydou Diarra devant le Parlement pour s’expliquer sur son action.

Un dirigeant du LURD, rébellion libérienne, à Abidjan

Le gouvernement ivoirien a démenti le 15/05 dans un communiqué une rencontre à Abidjan entre son ministre des Affaires étrangères et le vice-président du mouvement rebelle des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), George Dweh. M. Dweh avait affirmé être à Abidjan en tant qu’”invité officiel du gouvernement ivoirien”. Il avait selon lui déjà rencontré le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Mamadou Bamba, et des responsables de ce département, et s’apprêtait à rencontrer le chef de l’Etat.
Le 6 mai, le Conseil de sécurité des Nations unies a reconduit pour un an les sanctions contre le Liberia et a notamment étendu aux dirigeants du LURD les restrictions des déplacements internationaux imposés jusqu’alors aux seuls responsables libériens et à leurs familles.

En bref
Deux hélicoptères Puma roumains pour le président
Le constructeur aéronautique roumain IAR de Brasov (centre) a livré deux hélicoptères Puma à la Côte d’Ivoire, destinés au transport du président Gbagbo et de son gouvernement. Les hélicoptères, “version VIP”, disposent d’équipements de dernière génération et peuvent voler à une altitude de 4.000 mètres et à une vitesse de 260 km à l’heure.
L’usine roumaine va également livrer à la Côte d’Ivoire, avant la fin de l’année, deux hélicoptères militaires, du type Puma 330. Le montant total du contrat s’élève à 12 millions de dollars.
La société IAR, qui s’est associée début 2003 avec le groupe Eurocopter, fabrique des hélicoptères Puma sous licence française. (afp)

 

Probable réouverture de la frontière Burkina/Côte d’Ivoire avant fin mai
Le Premier ministre burkinabè, Paramanga Ernest Yonli, a salué “le retour à la normale” en Côte d’Ivoire après huit mois de crise politico-militaire, annonçant la probable réouverture avant la fin du mois de la frontière entre les deux pays, fermée au lendemain de l’insurrection du 19 septembre dernier.
S’agissant de la reprise du trafic ferroviaire entre les deux pays, qui restait conditionnée par la réouverture de la frontière, il a assuré que son gouvernement “mène toutes les actions pour relancer le train d’ici à la fin mai au plus tard”.
Le gouvernement ivoirien a levé la mesure décrétant “zone de guerre” le nord de la Côte d’Ivoire, sous contrôle des rebelles, dont le Burkina a fait une des conditions à la réouverture de la frontière.
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Youssouf Ouédraogo, a effectué une “visite de travail et d’amitié” de 24 heures à Abidjan, à la tête d’une délégation composée des ministres du Commerce et des Transports. Une visite considérée comme un signe fort de “dégel” entre les deux pays, très interdépendants sur le plan économique, mais dont les relations diplomatiques s’étaient sérieusement détériorées depuis le début de la crise ivoirienne.

 

Fin du couvre-feu à Abidjan et suppression des “zones de guerre
Le couvre-feu décrété le 19 septembre 2002, dès le début de la rébellion armée a été levé le 10 mai.
Dans la foulée, le gouvernement de réconciliation nationale a annoncé la suppression de toutes les “zones de guerre” sur l’ensemble du territoire, à la suite de la signature d’un accord de cessez-le-feu intégral entre l’état-major ivoirien et les rebelles des “forces nouvelles”.
Le 3 mai, les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci) et les mouvements rebelles ont signé un accord de cessez-le-feu intégral concernant l’ensemble du territoire, par lequel ils se sont notamment engagés “à tout mettre en œuvre pour favoriser la libre circulation des personnes, des biens, des opérateurs économiques et des agences humanitaires ainsi que le redéploiement de l’administration dans les meilleures conditions possibles de sécurité”.

Laurent Dona Fologo crée un mouvement pour la paix
Le président du Conseil économique et social, Laurent Dona Fologo, a annoncé la création d’un mouvement baptisé Rassemblement pour la paix (RPP), dont l’objectif est de “lutter pour le retour de la paix” en Côte d’Ivoire. “Le RPP est un mouvement animé par des personnes de toutes convictions, conditions, origines, mues par la recherche inlassable de la paix et la défense des valeurs et institutions de la république”, a déclaré l'ancien secrétaire général du PDCI, dénonçant les “querelles partisanes pour des postes ministériels alors que le pays est en crise”. Ayant échoué à prendre la tête du PDCI pendant l'exil de Bédié, Fologo se rapproche de plus en plus de

Gbagbo. Le bon choix ?

 

Présidence de l’UA : Amara Essy contre Alpha Konaré

 

La Côte d’Ivoire et le Mali ont sollicité le soutien officiel de l’Ethiopie pour l’élection du futur Président de la Commission de l’Union Africaine (UA) en juillet 2003 à Maputo. Le diplomate ivoirien Amara Essy, actuel président par intérim de la Commission, et l’ex-président malien Alpha Oumar Konaré, ont déclaré leur candidature.
Abidjan et Bamako ont dépêché à Addis Abeba, siège permanent de l’UA, deux émissaires spéciaux qui ont sollicité l’un et l’autre le soutien éthiopien.
M. Essy a multiplié ces dernières semaines les visites auprès de plusieurs chefs d’Etat du continent, tandis que Bamako a mandaté plusieurs émissaires auprès de chefs d’Etat dont le vote ne serait pas encore acquis à M. Konaré.

 


 

Afrique-Express N° 271 du 03/06/2003

 

Les populations en zones rebelles redoutent une invalidation de l’année scolaire

A l’occasion de la tenue du conseil de gouvernement à Bouaké, le fief du MPCI, le Premier ministre Seydou Diarra a été interpellé, parfois très bruyamment, par les étudiants sur ce sujet délicat.
Selon les chiffres officiels, il y a, dans les zones sous contrôle rebelle, environ 80 % de la population scolaire du primaire et 49 % du secondaire. Environ 550.000 élèves risquent une année blanche, selon le ministère de l’Education.
Un représentant du corps enseignant, des élèves et de leurs parents, s’est adressé au gouvernement à la même occasion soulignant les «efforts mis en œuvre afin de dispenser un enseignement convenable aux élèves du primaire et du secondaire restés dans les zones rebelles».
«Nous avons mobilisé des étudiants pour donner des cours aux plus jeunes, nous les avons encadrés avec des enseignants confirmés pour maintenir le niveau des leçons. Depuis le 13 janvier 2003, l’école existe et fonctionne dans les zones rebelles», a témoigné Touré Sékou, représentant de la communauté scolaire de Bouaké.
Selon lui «l’année ne peut pas être invalidée puisque nous avons mis en place la même masse horaire que dans les zones loyalistes et respecté le même programme», tout en proposant de «simplement décaler sur trois ans l’année scolaire pour retrouver rapidement un rythme normal».
Demandant «rapidement une mission d’inspection conjointe de l’UNESCO et du ministère de l’Enseignement», M. Sékou a conclu qu’il «suffit d’une volonté politique pour que cet espoir devienne une réalité».
A son arrivée, M. Diarra avait été accueilli par des banderoles explicites : «UNESCO : pas d’année validée en Côte d’Ivoire sans les élèves et étudiants des zones occupées par les Forces Nouvelles», «Oui à la validation de l’année», «UNESCO : l’école est un droit !».
Le Premier ministre a tenté de rassurer les jeunes : «la Côte d’Ivoire a besoin de cadres bien formés et compétents. Nous avons des Ivoiriens qui travaillent aux Etats-unis et en Belgique. Nous sommes dans un monde de compétition».
M. Diarra a annoncé qu’une mission de l’UNESCO travaille sur le dossier avec le ministre de l’Enseignement, Amani N’Guessan. Un conseiller du Premier ministre a déploré «la politique menée par le précédent gouvernement qui consistait à attirer les enseignants au sud. Beaucoup sont partis aussi par manque d’argent, pour récupérer leurs salaires».
Un nombre indéterminé d’enseignants postés au nord du pays ont été tués depuis le début de la crise, alors qu’ils tentaient de rallier Abidjan ou Yamoussoukro. Le gouvernement, à la demande de M. Sékou, a d’ailleurs observé une minute de silence en leur mémoire.
Le 20 janvier, une «seconde rentrée» scolaire avait été organisée dans les territoires sous contrôle gouvernemental pour quelque 60.000 élèves déplacés. (afp)

Retour à la phase 3 de sécurité pour l’ONU à Abidjan

 

Les Nations unies ont décidé le 21/05 de repasser en phase sécurité de niveau 3 à Abidjan, après être passées en phase 4 le 6 février. Le 5 février dernier, compte tenu du degré d’insécurité et des manifestations de rues parfois violentes, notamment anti-françaises, l’Onu avait décidé de passer en phase 4, ce qui avait impliqué le départ des personnels non essentiels.
L’évaluation du risque dans un pays donné est calculée sur une échelle de 0 à 5, cette dernière phase correspondant à un ordre d’évacuation total, mesure très rarement décidée par le secrétariat général de l’ONU.
La décision de passer en phase 4 supposait également que plus aucun fonctionnaire international de l’ONU ne pouvait se rendre dans le pays, sauf autorisation expresse du secrétariat général.
Techniquement, le retour à une phase inférieure de sécurité va se traduire rapidement par l’établissement, par les directeurs des agences onusiennes opérant dans le pays, de listes de fonctionnaires susceptibles de revenir rapidement pour reprendre leurs activités de développement.
La traduction la plus spectaculaire du passage en phase 4 avait été la délocalisation, très mal vécue par les autorités ivoiriennes, de la Banque africaine de développement (BAD), dont le siège est à Abidjan. «C’est automatique, c’est dans nos statuts», avait alors confié un responsable de la BAD.
Cette banque emploie un millier de personnes à Abidjan, dont 450 environ ont alors été «relocalisées». La BAD, basée à Abidjan depuis sa création en 1963, s’était dotée en avril 2001 d’un siège de substitution à Tunis, pour éviter à la banque de connaître «des situations de blocage» comparables à celles connues lors du coup d’Etat de 1999 en Côte d’Ivoire.

Train Abidjan-Ouagadougou
Des «jeunes patriotes» déboulonnent les rails

Des «jeunes patriotes», membres d’organisations de jeunesse proches du président Gbagbo, ont entamé le 22/05 à Abidjan une «opération déboulonnage des rails» pour protester contre le redémarrage du train Abidjan/Ouagadougou. Armés de scies à métaux, de barres de fer et d’autres outils, une vingtaine de jeunes ont réussi à démonter plus de cinq mètres de rails dans le quartier d’affaires du Plateau, dans le centre d’Abidjan.
Un officier de police a discuté brièvement avec ces jeunes, tandis qu’une vingtaine de policiers se trouvaient à proximité, mais aucune interpellation n’a eu lieu.
Les jeunes patriotes ont également affirmé mener des actions éclatées dans tous les quartiers d’Abidjan traversés par la voie ferrée avec, en toile de fond, un message au ministre ivoirien des Transports, Anaky Kobena.
«Nous voulons dire à Anaky que ceux qui ont tué sont plus mauvais que ceux déboulonnent les rails. Notre action d’aujourd’hui constitue un avertissement», ont-ils déclaré.
Le 16 mai, M. Kobena qui avait fait du redémarrage de l’activité ferroviaire sa priorité, avait qualifié l’arrivée du «train test» de «grand moment d’émotion».
«Cette reconnaissance a été faite, on ne s’arrêtera plus, nous irons de l’avant, n’en déplaise à des excités», avait-il ajouté, faisant allusion aux jeunes patriotes qui s’étaient toujours opposés à la reprise de l’activité ferroviaire, suspendue depuis le début de la crise, le 19 septembre 2002.

Réouverture des frontières
Bientôt la réouverture de la frontière avec le Burkina Faso

Des responsables des états-majors des armées du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire ont recommandé d’ouvrir à partir du 30 juin prochain la frontière entre les deux pays, fermée depuis le début de la crise ivoirienne. Cette proposition, prise à l’issue d’une réunion de deux jours entre ces responsables militaires à Ouagadougou, doit être soumise pour approbation aux gouvernements des deux pays.
Les militaires ont décidé de garantir la «fluidité et la sécurité du trafic ferroviaire et routier entre les deux parties», par la mise sur pied le long de la frontière et dans les «meilleurs délais» d’un dispositif de «prévention, de surveillance et d’alerte» comprenant notamment des patrouilles.
Côté ivoirien, le dispositif sera composé des militaires français de l’opération Licorne, de ceux de la force de paix ouest-africaine, des FANCI et des éléments des Forces nouvelles.
Quant au Burkina Faso, il maintiendra le dispositif militaire qu’il avait déjà mis en place dès l’insurrection militaire du 19 septembre en Côte d’Ivoire, afin «d’empêcher des infiltrations sur son territoire».
Une délégation de militaires burkinabè doit se rendre dans deux semaines en Côte d’ivoire, dans le cadre de rencontres périodiques de suivi des décisions.
La réouverture de la frontière est la condition sine qua non pour la reprise du trafic ferroviaire Abidjan/Ouagadougou, interrompu depuis le déclenchement de la crise.

Arrivée au Mali des premiers camions par la route Abidjan-Bamako

Le premier convoi de camions de marchandises ayant pu emprunter l’axe routier Abidjan-Yamoussoukro-Bamako depuis le 19 septembre 2002, est arrivé le 24 mai à la frontière malienne.
Chargés notamment d’huile et de ciment, les camions ont franchi la frontière, au niveau de Zégoua, sous les applaudissements des populations et autorités locales.
Le convoi été escorté par des soldats ivoiriens loyalistes jusqu’à la zone-tampon, puis par des rebelles de la ville ivoirienne de Bouaké, fief de la rébellion, jusqu’à Zégoua.
Selon Saliou Guiro, secrétaire général du Conseil malien des chargeurs (CMC), organisme qui a contribué à la réouverture de cet axe routier, plus de 20.000 tonnes de marchandises maliennes sont bloquées au port d’Abidjan du fait de la crise.
Pays enclavé, sans accès à la mer, le Mali a été obligé, avec un succès mitigé, de trouver d’autres ports dans la sous-région pour acheminer ses produits.
Le corridor sénégalais connaît des difficultés. La route qui mène en Guinée n’est pas entièrement bitumée, et le port d’Accra «supporte de plus en plus difficilement» les marchandises qui y sont acheminées.

Futur ministre de la Défense : Gbagbo fait de la résistance

Le président Laurent Gbagbo a réaffirmé le 22/05 à Abidjan son refus de nommer au poste de ministre de la Défense le général à la retraite Gaston Ouassénan Koné.
«Ouassénan ne sera pas ministre de la Défense. Je le dis clairement tant que je suis président de la République, lui, Ouassénan, ne sera plus ministre», a martelé M. Gbagbo lors d’une rencontre avec les «jeunes patriotes», organisation de jeunesse qui le soutient.
Dans un texte commun publié la 7 mai à Abidjan, les partis politiques ivoiriens et les Forces nouvelles, à l’exception du FPI, avaient exigé que le portefeuille de la Défense soit attribué «avant le 22 mai», avec comme titulaire Gaston Ouassénan Koné.
Le 21 mai, le secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Alphonse Djédjé Mady avait encore dénoncé le refus du président Gbagbo d’accepter le consensus qui se dégage pour la nomination du général Ouassénan Koné, président du groupe parlementaire PDCI. Ce portefeuille, revendiqué fin janvier puis abandonné par le MPCI, n’est toujours pas attribué et est actuellement occupé, comme celui de la Sécurité, «à titre intérimaire».
Commandes d’armes confirmées par le président

Le président Gbagbo a reconnu le 20/05 avoir commandé des armes pour ne «plus être attaqué au hasard». «J’ai décidé que notre armée doit être armée et je ferai les efforts nécessaires pour que, tant que je suis à ce poste, l’armée dispose de suffisamment d’atouts pour qu’on ne l’attaque plus au hasard», a-t-il déclaré lors d’une cérémonie au palais présidentiel destinée à soutenir la candidature de l’Ivoirien Amara Essy, au poste de président de l’UA.
«Dites aux puissances qui vous ont mandatés : «Oui, le président Gbagbo a commandé des armes, mais les armes dans la capacité des moyens financiers de son pays»», a ajouté le président à l’adresse des diplomates accrédités à Abidjan présents à cette cérémonie.
Gbagbo a aussi affirmé qu’il n’avait pas «emprunté d’argent, ni au FMI, ni à la Banque mondiale» pour ces achats d’armes.
Le constructeur aéronautique roumain IAR de Brasov a annoncé la livraison de deux hélicoptères Puma à la Côte d’Ivoire, destinés au transport du président et de son gouvernement, et indiqué qu’il doit livrer avant la fin de l’année deux hélicoptères militaires, de type Puma 330. Le montant total du contrat s’élève à 12 millions de dollars.
Abidjan dispose déjà de cinq hélicoptères de combat MI-24 et a notablement renforcé son arsenal depuis le début de la rébellion, en achetant des armes légères, des véhicules blindés de fabrication soviétique BMP-1 et 2 et de l’artillerie lourde.

Premier conseil de gouvernement à Bouaké, en zone rebelle

Agitant banderoles et pancartes en faveur des accords de Marcoussis, les habitants de Bouaké ont entonné «l’Abidjanaise», l’hymne national ivoirien, devant le Premier ministre Seydou Elimane Diarra et ses ministres.
Après Yamoussoukro, la capitale politique symbole de l’ère Houphouët-Boigny, puis Abidjan, Seydou Diarra tenait à organiser un conseil de gouvernement à Bouaké, la «capitale rebelle» depuis l’insurrection du 19 septembre 2002. Il a réussi son pari le 21 mai. L’ambiance était chaleureuse en dépit de l’imposant dispositif de sécurité mis en place par le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI). Soldats français de l’opération Licorne et ouest-africains de la MICECI veillaient discrètement.
Le «chef d’état-major des Forces Armées Nouvelles de Côte d’Ivoire» (Fanci, le même acronyme que celui des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire loyalistes), le colonel Soumaïla Bakayoko, fait part au Premier ministre de son inquiétude «pour le futur des soldats comme des populations des zones sous notre contrôle puisque le projet de loi d’amnistie est resté lettre morte».
Seydou Diarra a annoncé à l’issue du conseil de gouvernement qu’un projet de loi d’amnistie sera présenté au Parlement.
Seydou Diarra s’est déclaré confiant dans le processus de paix en cours depuis quatre mois avec la signature des accords de Marcoussis, le 24 janvier en France. La venue du gouvernement à Bouaké permettra selon lui «de briser le mur de méfiance».
«A partir d’aujourd’hui Bouaké est ouverte totalement pour la réconciliation ainsi que toutes les villes du nord et de l’ouest. C’est l’unité retrouvée», a-t-il lancé, ajoutant : «Notre peuple est spécial, c’est un peuple brassé, mélangé, riche de sa culture. C’est ce que nous devons cultiver. C’est ce qui nous a manqué d’un côté comme de l’autre».
Interrogé sur les récents achats d’armes effectués par le président, Seydou Diarra a estimé que «ces armes constituent comme l’a dit le président un armement de dissuasion. Ces armes sont également vos armes», a-t-il dit aux rebelles des Forces Nouvelles tout en souhaitant qu’elles ne servent plus jamais.

Début d’une «opération militaire combinée» dans l’ouest

Une «opération combinée», associant les Forces régulières ivoiriennes (FANCI), les Forces nouvelles (forces rebelles), les forces françaises (Licorne) et celles de la CEDEAO (MICECI) a débuté le 23 mai pour sécuriser l’ouest de la Côte d’Ivoire.
Un convoi composé de 110 à 115 véhicules et blindés essentiellement français de l’opération Licorne mais aussi des FANCI et des troupes de la CEDEAO, a quitté la localité de Guiglo en direction de Toulépleu, avec notamment pour objectif de prolonger jusqu’à la frontière libérienne la ligne de cessez-le-feu en vigueur.
De là, la colonne devait obliquer vers le nord en direction de la localité de Téapleu pour faire la jonction avec un autre convoi parti de Duékoué (zone rebelle), à environ 30 kilomètres au nord de Guiglo.
Le but de cette opération est de créer une «zone de confiance» de 60 km d’est en ouest sur 40 km du nord au sud, sous contrôle armé Licorne/MICECI, avec des «forces nouvelles» à la limite nord, et des éléments des FANCI à la limite sud.
Depuis plusieurs mois, les populations y sont victimes d’exactions, notamment de la part de supplétifs libériens combattant avec les soldats du président Gbagbo et auparavant aux côtés des rebelles.
Le général Bruno Dary, commandant tactique de l’opération Licorne, a estimé la durée de l’opération à deux ou trois semaines et dans laquelle environ 800 militaires français seront engagés.
Le chef du Mouvement pour la Justice et la Paix (MJP), un des mouvements rebelles de l’ouest, Gaspard Dely, se trouvait le 23 mai à Guiglo, en zone gouvernementale, pour faire office d’officier de liaison représentant les Forces nouvelles.
Cette opération quadripartite implique également d’importants moyens aériens.

 


 

Afrique-Express N° 272 du 17/06/2003

 

Le président de l’Assemblée Nationale fait de la résistance

Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, a deux bêtes noires : les rebelles et la France qu’il accuse encore et toujours de soutenir ces derniers. En appelant ses concitoyens à la «désobéissance civile» contre les neuf ministres issus de la rébellion qui participent au gouvernement de réconciliation nationale, il s’est opposé à toute amnistie avant un désarmement des mouvements rebelles.
Deuxième personnage de l’Etat, M. Koulibaly est considéré comme un dur du Front populaire ivoirien (FPI), parti fondé par le président Laurent Gbagbo dont il est très proche. Il avait claqué la porte des négociations inter-ivoiriennes de Marcoussis (France) en janvier dernier, dénonçant une «tentative de coup d’Etat constitutionnel de la France».
Dans un entretien avec l’Agence France-Presse, il a même précisé son point de vue, estimant que «la France continue sa guerre contre la Côte d’Ivoire».
Avec de tels propos, on est encore bien loin de la réconciliation nationale. Le dimanche 8 juin à Abidjan, le colonel Michel Gueu, ministre des Sports issu des rangs Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), a été hué par le public lors du match Côte d’Ivoire-Burundi pour les qualifications de la Coupe d’Afrique des nations de football.

Voici l’interview réalisée par l’AFP :
«Question : La Côte d’Ivoire vit depuis la mi-avril une cohabitation avec la mise en place d’un gouvernement de réconciliation nationale. Votre impression ?
Mamadou Koulibaly : On vit un début de coup d’Etat qui a conduit les autorités françaises à imposer aux Ivoiriens des rebelles comme membres du gouvernement, c’est une grande première dans notre pays. C’est une imposition, un non Etat de droit.
Quand Guillaume Soro (chef du MPCI, et actuel ministre d’Etat à la communication), déclare à Paris qu’il ne désarmera pas tant que les élections ne se seront pas tenues, je n’entends pas le ministère français des affaires étrangères condamner cette attitude, même pas le comité de suivi des accords de Marcoussis. Pareil pour le Premier ministre (ivoirien Seydou Diarra) qui ne l’a pas déplorée.
Cela m’amène à croire que la déstabilisation n’a pas encore atteint ses objectifs. Et donc la France continue sa guerre contre la Côte d’Ivoire.
Q : Bientôt un projet de loi d’amnistie des rebelles sera soumis aux députés, qu’en pensez-vous?
M. K. : Les députés sont conscients que tout cadeau qu’ils feraient aux rebelles signifierait capitulation. Est-ce leur mission de capituler devant l’envahisseur ? Leur mission, c’est de bloquer l’envahisseur et d’aller en croisade contre lui. Chacun en conscience appréciera la situation.
Sans désarmement, toute amnistie signifie une victoire éclatante (...) des rebelles sur l’Etat de Côte d’Ivoire. On aurait résisté neuf mois pour finir par amnistier ceux qui ont attaqué le pays ?
C’est pourquoi je n’arrive pas à penser que le gouvernement ait la force de présenter cette loi devant le Parlement, contre toute morale et toute éthique.
On ne peut pas tuer des gens, les assassiner et se faire pardonner alors que ceux qui l’ont fait tiennent les armes et disent clairement qu’ils ne désarmeront que lorsqu’ils auront pris le pouvoir. Beaucoup de députés ne pourront l’admettre.
Q : Concernant le désarmement ?
M. K. : Le Premier ministre Diarra affirme que le désarmement est un processus. Partout où on l’a vu il n’y a pas eu de désarmement. En Sierra Léone, il y avait plus de 100.000 rebelles, le désarmement a abouti à désarmer 25.000 personnes. Les autres ont disparu.
Aujourd’hui on nous fait croire que c’est la théorie du désarmement qui doit prévaloir en Côte d’Ivoire.
La France n’a qu’à déposer des caisses d’argents à Korhogo ou Bouaké et dire à chaque rebelle qu’il recevra 200.000 FCFA ou 500.000 FCFA pour chaque kalachnikov rendue. Je parie qu’une telle opération connaîtra un succès sans précédent. »


La réaction du MPCI aux propos du président de l’Assemblée

 

Le MPCI a écrit une lettre de protestation à Albert Tévoedjré, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et président du Comite de suivi de l’application de l’accord de Marcoussis. En voici la teneur :

«Monsieur le Président,
Depuis la signature des accords de paix de Linas-Marcoussis et d’Accra, en votre qualité de Président du Comité de suivi créé pour observer l’application stricte des accords par toutes les parties signataires, vous avez déjà, à plusieurs reprises, été saisi de nombreux cas de violation et d’obstruction qui, si l’on n’y prend garde, vont anéantir tous les efforts de médiation entrepris par la communauté internationale dans le seul but de ramener une paix durable et définitive en Côte d’Ivoire.
A ce jour, malgré la prise de fonction des ministres des Forces Nouvelles et leur installation à Abidjan, des pratiques anti-réconciliation sont multipliées par le clan présidentiel pour des raisons dont vous êtes bien informé : pousser les Forces Nouvelles à bout et quitter le Gouvernement.
Ainsi, il y a quelques jours, M. Mamadou Koulibaly, l’un des participants à la table ronde de Linas-Marcoussis a appelé les militants de son parti, le Front Populaire Ivoirien, parti signataire de l’accord sus-indiqué à la désobéissance civile. Si cet appel à la chienlit ne connaît aucune réprobation au sein du corps diplomatique représenté en Côte d’Ivoire en général et du Comité de suivi en particulier, il faut craindre que le processus de réconciliation en cours ne connaisse un ensablement certain de par la faute de ceux qui ont choisi de s’opposer aux accords de paix.
La dernière escalade en date est survenue le dimanche 8 juin 2003, lors du match de football ayant opposé les équipes nationales de football du Burundi et de Côte d’Ivoire. Le Ministre des Sports et des Loisirs, le Colonel Michel Gueu a été pris à partie par une cohorte d’extrémistes aux ordres du clan présidentiel. Son véhicule cabossé, les éléments des forces Licorne et MICECI, qui assuraient sa sécurité ont été désarmés sous la poussée des militaires de la sécurité présidentielle. Vous conviendrez avec nous que ces faits graves sont intolérables.
Il reste d’une part évident que le désarmement de personnes mandatées par la communauté internationale pour assurer la sécurité des Ministres des Forces Nouvelles constitue non seulement une humiliation, mais elle est surtout une entrave inadmissible qui viole l’accord de Linas-Marcoussis en son point 5 qui stipule : « La Table Ronde invite le gouvernement français, la CEDEAO et la communauté internationale à veiller à la sécurité des personnalités ayant participé à ses travaux et si nécessaire à celle des membres du gouvernement de réconciliation nationale tant que ce dernier ne sera pas à même d’assurer pleinement cette mission. »
* Que ce serait-il passé si un écervelé avait attenté à la vie du Ministre Gueu Michel dont les gardes de corps ont été désarmés ou si le Ministre du Sport avait décidé de rebrousser chemin après les attaques et injures dont il a été victime ce dimanche ?
* Qui du Comité de suivi, de la Communauté internationale et du Gouvernement de Réconciliation Nationale doit endosser la responsabilité de ce qui est arrivé hier ?
Dans tous les cas, cet incident nous pousse à émettre de vives protestations et à réclamer du Comité de Suivi une réaction appropriée afin que pareille offense ne se répète plus jamais.

 

D’autre part, cette situation relance la question de la confiance que nous avions posée, lorsque nous exigions que la sécurité de nos Ministres soit assurée par nos propres éléments.
Le Gouvernement de Réconciliation Nationale étant toujours incapable d’assurer la sécurité de ses membres et celle des personnalités ayant participé à la table ronde de Linas-Marcoussis, nous invitons le Comité de Suivi à exiger la désignation et la nomination pressantes des Ministres de la Défense et de la Sécurité conformément aux différents accords. La confiance tant opposée aux Forces Nouvelles et la fin des comportements d’un autre âge sont à ce seul prix. » Fin

 


 

Afrique-Express N° 273 du 01 juillet 2003

 

Le ministre de la Communication échappe de peu à un lynchage orchestré par les partisans du président

Guillaume Soro, ministre de la Communication et leader du MPCI, a échappé de peu à un lynchage orchestré par les partisans du président Gbagbo, alors qu’il s’était rendu le 27 juin dans les locaux de la télévision nationale à Abidjan.
Il a été séquestré pendant près de deux heures dans les locaux de la télévision nationale par une centaine de jeunes surexcités, armés de barres de fer et qui visiblement cherchait à violenter le ministre qui s’était rendu au siège de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), dans le quartier de Cocody, dans le cadre de ses consultations avec les médias. Guillaume Soro est toujours secrétaire général du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI, auteur de l’insurrection du 19 septembre 2002).
Informés de sa présence dans les bâtiments, des jeunes armés de pierres et de gourdins, aux cris de «ministre assassin, rebelle», ont envahi la télévision, pourtant gardée par des policiers, à la recherche du ministre qui s’est alors réfugié dans l’infirmerie. Après un bref passage sur les lieux vers 13 heures du chef de l’état-major des forces armées (FANCI), le général Mathias Doué, il a fallu l’intervention de la brigade anti-émeutes (BAE) pour exfiltrer le ministre.
Vive condamnation du Comité de suivi
Dans un communiqué, le Comité de suivi a demandé «des sanctions immédiates à l’égard des auteurs identifiés de l’agression, de ceux qui les incitent et de ceux qui s’en sont rendus complices». Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de prendre «sans délais des mesures concrètes» pour le «démantèlement immédiat des milices et groupes parallèles».
De son côté, le «gouvernement de réconciliation nationale» a «déploré et condamné vertement cet acte abominable», a déclaré le ministre de la Sécurité, Zémogo Fofana.
Pour la presse d’opposition, Soro a été victime d’une «tentative d’assassinat préparée».
Dans ce contexte, on souhaite bien du plaisir à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui vient d’envoyer une mission à Abidjan pour un appui aux médias qui doivent «jouer un rôle, d’information, d’équilibre, favorable à l’esprit de réconciliation de l’ensemble des Ivoiriens», selon Hugo Sada, conseiller pour l’information et la communication du secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf.
Les accords de Marcoussis signés le 24 janvier en France par les principaux partis politiques ivoiriens et la rébellion, comportent un volet consacré aux médias et prévoient notamment la mise en place d’une presse libre, indépendante et responsable. L’OIF est membre du comité de suivi des accords de Marcoussis, présidé Albert Tevoédjrè.

Un rapport d’Amnesty International sur les «réfugiés libériens menacés en Côte d’Ivoire et ne sachant où aller», intitulé «Nul endroit où fuir»

 

En présentant son rapport, Amnesty écrit : «Début avril 2003, des milliers de personnes qui s’étaient réfugiées quelques semaines plus tôt au Libéria pour fuir la crise ivoirienne ont traversé la frontière en sens inverse après que des combats de plus en plus violents se sont produits dans la région où elles avaient trouvé asile. Ces allers-retours, marqués par la précipitation et la panique, illustrent la situation de dizaines de milliers de personnes (des réfugiés libériens, des Ivoiriens et des ressortissants de la sous-région) prises en étau entre deux conflits, à l’ouest de la Côte d’Ivoire et à l’est du Libéria et qui ne savent où trouver une protection efficace.
Dans ce contexte de fuites massives, la situation des dizaines de milliers de Libériens, qui avaient cherché refuge en Côte d’Ivoire à la suite de l’éclatement d’un conflit armé interne au Libéria en 1989, est particulièrement dramatique pour une triple raison : ils ne se trouvent plus en sécurité en Côte d’Ivoire car ils sont victimes d’exactions commises par les différentes parties au conflit qui, tour à tour, les pillent, les maltraitent, les enrôlent parfois de force dans leurs rangs et les accusent en même temps de soutenir la partie adverse ; ils ne peuvent rentrer au Libéria où la situation empire de jour en jour ;
aucun des pays limitrophes ne semble réellement disposé à les accueillir car ils sont bien souvent perçus comme des fauteurs de troubles. C’est notamment le cas du Ghana ou de la Guinée qui a fermé ses frontières de manière temporaire, en février 2003, en dépit des appels du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR). Cette pratique viole le principe internationalement reconnu du non-refoulement, à savoir le droit pour un réfugié de ne pas être renvoyé dans un pays où il risque d’être victime d’atteintes graves aux droits humains.»

Début du désarmement le 1er août ?

L’opération de désarmement des forces gouvernementales et rebelles va démarrer le 1er août, a annoncé le ministre de la défense, Assoa Adou. Le gouvernement a fixé au 15 septembre la fin de cette opération. Le 17 juin, les parties belligérantes s’étaient accordées à Yamoussoukro sur les sites de cantonnement de leurs combattants, sans fixer de date pour le lancement de ces opérations.
Le 24 juin, les forces militaires présentes en Côte d’Ivoire ont affirmé le «respect à 95 % de la zone de confiance» instaurée fin mai dans l’ouest du pays.
En un mois, un calme sinon parfait du moins très réel s’est instauré quasiment sans heurts dans cette région voisine du Liberia. La «zone de confiance» a été instaurée fin mai dans l’ouest par les soldats français (Licorne) et ouest-africains (MICECI). En clair, dans une zone d’environ 50 km de large sur 200 km de long, il n’y a plus de «combattants ivoiriens», qu’ils soient des forces gouvernementales (FANCI) ou des groupes rebelles, rebaptisés, réconciliation oblige, «Forces nouvelles».
Début mars, une soixantaine de civils avaient été massacrés à Bangolo (située sur l’axe routier reliant Duékoué à Man, la capitale provinciale), gouvernementaux et rebelles s’en rejetant la responsabilité.
Symbole de cette paix qui avance, le Poste de commandement tripartite installé il y a un mois à Bangolo où un officier des FANCI, lieutenant-colonel Yedess, y côtoie sans problème apparent Gaspard Déli, chef du Mouvement pour la justice et la paix (MJP).

La MINUCI s’installe officiellement à Abidjan

La mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (MINUCI), chargée de soutenir les accords de paix de Marcoussis signés par les belligérants, s’est officiellement installée à Abidjan fin juin, en présence du Béninois Albert Tévoédjrè, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la MINUCI, lors d’une cérémonie à laquelle participait le Premier ministre ivoirien, Seydou Diarra.
«Nous sommes ici en Côte d’Ivoire pour répondre aux exigences d’une résolution du conseil de sécurité», a rappelé M. Tévoédjrè. De son côté, le Premier ministre ivoirien, Seydou Diarra a salué l’accord de Marcoussis qui selon lui, constitue «l’unique voie qui permettra à la Côte d’Ivoire de réussir la réconciliation nationale et de poser les bases saines pour le devenir de notre nation».
La MINUCI comprend pour l’heure 155 membres. Le 13 mai, le Conseil de sécurité des Nations unies avait décidé de créer la MINUCI par la résolution 1479, pour une période de six mois.
Cette mission doit comprendre 26 officiers militaires chargés d’entrer en liaison avec le contingent français déployé en Côte d’Ivoire et avec les forces ouest-africaines de maintien de la paix qui y sont également déployées, ainsi qu’avec les troupes ivoiriennes. Le général de brigade Abdul Hafiz, originaire du Bangladesh, est le chef des officiers de liaisons militaires.

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