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Ivoir-Opinion

LA RECONQUETE DU POUVOIR FACE A LA DICTATURE HOUPHOUETISTE

24 Août 2011 , Rédigé par ivoir-opinion Publié dans #côte d'ivoire

Depuis le 11 avril 2011, à part l’héroïque combat des jeunes combattants  de Yopougon qui a nécessité des moyens colossaux à la France pour pacifier cette commune,  aucun acte significatif de désapprobation civile ou autre n’a été enregistré de la part des partisans de Laurent GBAGBO.

C’est à croire que les ivoiriens dans leur majorité ont été quasiment sonnés par ce qui leur est arrivé, au point d’attendre stoïquement que la situation change en leur faveur. Sont-ils résignés ou approuvent-ils tout simplement la prise de pouvoir par OUATTARA ?

Il  y a quelques jours,  une dizaine de jeunes m’interpellent à ce sujet en me faisant part de leur déception à l’égard des ivoiriens et principalement vis-à-vis du président intérimaire du Fpi appelant à soutenir la candidature du président Henri Konan BEDIE, qu’il qualifie au passage de grande sommité,  au prix Nobel de la paix. Pour ces jeunes, cette déclaration est symptomatique du défaitisme des ivoiriens et surtout du FPI qui, parce qu’il a tout perdu dans cette crise, devrait être le fer de lance de la lutte anti-OUATTARA.

La pensée immédiate qui survint à mon esprit fut celle de Martin Luther King,  pour qui  subir passivement une politique injuste c’est collaborer avec ce système et se rendre complice de sa malice.

S’il est trop tôt pour juger du comportement des ivoiriens, force est de reconnaître que depuis cinq mois,  à part quelques actes isolés, le gouvernement OUATTARA  n’a fort à faire qu’avec ses propres contradictions et n’est aucunement inquiété par une quelconque «rébellion ». Mieux, il vient de mettre hors d’état de nuire les  militaires soupçonnés de déstabilisation du régime en organisant avec succès leur retour au pays.

A la vérité,  surpris par la justesse d’appréciation des jeunes, ma seule échappatoire fut d’avancer des propos du genre que tout combat se prépare et que le Fpi et le Cnrd sont certainement entrain de s’organiser pour mener à bien les différentes batailles qui s’annoncent.

Cette esquive me laisse néanmoins sceptique quant à la volonté de résistance des ivoiriens et particulièrement du Fpi dans la mesure où , à l’exemple de Luther King, apôtre de  la non violence,  un nombre incalculable d’actions pourrait signifier  qu’ils ne sont pas d’accord avec la dictature Ouattarienne  et ce,  malgré la répression et la censure imposées par les « libérateurs ».

La dictature houphouétiste

A la suite de cette rencontre, mon intérêt se porta sur l’histoire de la Côte d’Ivoire notamment sur la gestion du pouvoir des houphouétistes agissant soit dans le cadre du parti unique soit dans celui d’une démocratie pluraliste. Mon constat fut le suivant.

De Félix Houphouët -boigny à Alassane OUATTARA, si l’on se réfère aux débuts des indépendances jusqu’à nos jours, le  régime houphouétiste est caractérisé par le règne du pouvoir par la répression et la négation du droit. La  dictature de OUATTARA n’est en  rien différente de celle d’Houphouët  et de BEDIE tant la constante à faire appliquer à toute une famille biologique, ethnique ou politique voire à toute une région  les fautes éventuelles d’un individu est tangible.

 En effet, de la révolte du Sanwi, à  la capture de GBAGBO en passant par les morts d’Ernest BOKA et de GRAGBE GNAGBE, les manœuvres des houphouétistes ont toujours été d’humilier, de rabaisser et de ridiculiser tous ceux qui  se dressaient contre l’emprise coloniale et apologisaient la liberté.

C’est ce qui justifie les accusations les plus farfelues à l’encontre du Président Laurent GBAGBO qui serait avec sa famille politique et les populations qui lui ont apporté leur suffrage, seuls responsables dans la crise ivoirienne. Si Gbagbo Laurent est dépeint comme un criminel voire un  génocidaire, les militants Lmp sont qualifiés d’irresponsables et mériteraient pour cela quelques leçons de la part des Frci, ces « libérateurs » blancs comme neige.

L’heure est donc  à la chicotte dictatoriale et  à part quelques interrogations formulées du bout des lèvres par certains journaux proches du Rhdp, aucun dirigeant houphouétiste n’a osé dénoncer les injustices, dérives et toutes sortes d’exactions commises sur les populations par les Frci.

Une  lutte engagée

Force est de constater que si les personnes incriminées à tort bénéficiaient  à priori ou à postériori d’une forte estime auprès des populations, celles -ci n’ont jamais pris les armes pour défendre  leur fils ou leur leader. Par contre, elles ont gardé vivace le souvenir de ces injustices en désavouant le régime oppresseur à de nombreuses occasions.

C’est d’ailleurs pourquoi le règne « glorieux » d’Houphouët-Boigny a toujours été entaché des évènements relatifs aux faux-complots de 1963 et aux morts de BOKA et GNAGBE, comme si le souvenir de ses  «péchés » le poursuivait.

Les populations ivoiriennes ont également massivement voté contre les candidats du Pdci lors d’élections pluralistes locales. Aussi des régions comme l’Ouest, l’Agneby et le Nord échappèrent-elles au contrôle du Pdci et n’eut été la technologie électorale, bien d’autres  se seraient ouvertement détournées de ce parti.

Après le vent de l’Est et le retour à la démocratie, ces tendances se confirmèrent dans la mesure où ces régions ont logiquement adhéré au Front Populaire Ivoirien et ont reconnu le combat pour la liberté de Laurent GBAGBO  en le plébiscitant aux élections de 2000 et en accordant leurs suffrages aux candidats Fpi aux différentes élections qui se succédèrent.

De plus, les élections de 2010, n’en déplaisent aux « libérateurs », ont confirmé la mouvance des ivoiriens à sanctionner le candidat de l’étranger malgré toutes les irrégularités observées lors de la confection de la liste électorale et l’organisation du scrutin notamment pendant le  second tour. La configuration politique actuelle montre qu’en plus des régions jugées pro-Gbagbo s’ajoutent les régions de l’Est, du Sud et de l’Ouest montagneux.

Cependant, les données actuelles et le niveau élevé de conscience des nouvelles générations ne doivent-elles pas entraîner des méthodes de lutte beaucoup mieux élaborées ? En d’autres mots, que faire lorsque la puissante communauté internationale soutient ouvertement Alassane OUATTARA et prend des dispositions pour conforter son pouvoir ?

 Un combat multi dimensionnel

Les partisans du Rhdp ont choisi de se plier conformément à la maxime chère à Houphouët, si tu ne veux pas chuter, restes couché.

C’est pourquoi dans cette lutte pour la liberté qui se passe sous le silence assourdissant de la communauté internationale, il faut être inventif et faire de telle sorte que les tenants du pouvoir ne puissent jamais avoir de répit.

Plusieurs domaines d’intervention allant du spirituel au militaire en passant par la  communication et le politique sont à envisager. Toutefois, vu le caractère stratégique des questions militaires, nous préférons élaborer en d’autres occasions notre point de vue afin que ce qui est arrivé ne se reproduise plus jamais.

a. Des prières engagées

Entendre à longueur de journées les ivoiriens s’en remettre à Dieu, à travers des expressions du genre c’est Dieu qui fera notre combat, Dieu nous fera justice et qu’Il n’a pas encore dit son dernier mot, est une nouvelle dimension de la lutte et démontre le degré de la foi d’une grande majorité de la population.

Néanmoins, la disproportionnalité des forces en présence notamment la suprématie militaire de l’occupant français ne justifierait-elle pas cet élan envers une PUISSANCE qui serait au dessus de toute puissance ? Une telle approche n’entrainerait-elle pas un attentisme ou une passivité au-delà du raisonnable ?

Pourtant à la lecture de la bible, nous relevons que l’ennemi était généralement nommé dans les  prières. Le peuple d’Israël connaissait ses ennemis et n’hésitait pas à demander à Dieu la délivrance en lui rappelant leurs méfaits et leurs abominations.

La Côte d’Ivoire a-t-elle identifiée ses ennemis ?  

Si prier pour les autorités est une recommandation biblique, le chrétien ivoirien, responsable de la destinée de sa Nation, doit également prier pour  que celle-ci soit sevrée de toute domination politique, économique ou militaire. Ce genre de prières engagées n’est certainement pas en contradiction avec le plan de Dieu qui souhaite que l’ivoirien jouisse  amplement  des fruits et bénéfices de son héritage, sa terre promise.

Malgré l’existence des Sanballat et des tobija, nos ennemis seraient donc toutes les forces spirituelles, politiques, économiques ou militaires qui s’opposent à notre épanouissement en  œuvrant à  maintenir le pays dans les liens de la dépendance.

b. Une communication agressive

Modeler l’opinion par une communication aiguisée  constitue, à n’en point douter, l’un des enjeux majeurs de la lutte pour la souveraineté de notre pays. A cet effet, internet  est un formidable outil de communication et d’information car il permet non seulement de diffuser l’information en temps réel mais aussi d’internationaliser la lutte. Les canaux d’internet peuvent aussi diffuser des informations que les médias d’état et françafricains ont des réticences à publier.

C’est pourquoi les portails politiques d’informations de la lutte patriotique enregistrent une croissance de leur taux de fréquentation parce qu’ils  fournissent des informations variées, mises à jour régulièrement.

Cependant, si ces mines d’informations sont révolutionnaires en ce qu’elles permettent de  mener la résistance face à l’oppression, elles gagneraient à plus de crédibilité en identifiant les faiblesses du système oppresseur. Des sujets ou domaines les plus sensibles se rapportant aux atteintes des droits de l’homme, à l’exploitation des ressources, à  la mal gouvernance doivent être dénoncés.

La presse locale doit mettre l’accent sur les incohérences et les disfonctionnements du système en place, montrer les ramifications entre le monde des finances et celui de la politique ainsi qu’en relevant tout fait visant à recoloniser le pays. Sans tomber dans le populisme,  elle doit également être une presse de proximité, en donnant plus de voix au citoyen lambda en prise avec une paupérisation  grandissante.

c. Quel combat politique face à la dictature ?

Les mesures prises par Alassane OUATTARA, augurent  de la dictature d’un régime aux ordres des puissances qui l’ont installé.

Partant du principe qu’un parti politique énonce des problèmes qui sont essentiels pour ses militants, la situation que traverse le pays est hautement préoccupante relativement aux  arrestations du Président Laurent GBAGBO, des camarades AFFI N’GUESSAN, Simone GBAGBO, SANGARET, ADJOBI et les membres de la majorité Présidentielle BRO-GREBE, BONI-CLAVERIE, AKE N’GBO etc.

La politique étant aussi une question d’apparence pour encourager et raviver la flamme de ses militants surtout en des moments troubles, les responsables du parti  dans leur prise de position publique se doivent d’exprimer ce qui a de l’importance pour les militants.

-          L’organisation de la diaspora et des exilés

Cela  est  une nécessité, en ce sens qu’elle est  un maillon essentiel de la lutte dans un univers intra-muros muselé. C‘est par le dynamisme et la synergie des forces de la diaspora que la justesse du combat de libération sera mieux perçue et permettra de tisser des liens forts utiles.

-          La remobilisation des militants et sympathisants

La mobilisation des militants autour des thèmes porteurs tels la souveraineté, les libertés confisquées et de l’insécurité ambiante est un impératif. A cela, la situation précaire des planteurs liée aux prix bords champs pratiqués et aux rackets, le panier ou « sachet » de la ménagère qui connait une explosion, le bradage de l’économie etc. doivent faire l’objet de dénonciations systématiques.

A cet effet, les interventions des responsables politiques centraux et périphériques doivent être régulières dans la mesure où elles dénotent  de leur proximité avec les souffrances des populations.

Les consultations de la base afin que leurs préoccupations soient entendues au sommet et comptent désormais pour les changements politiques, doivent être organisées.

-          La reconquête du pouvoir d’Etat

Tout en dénonçant les manœuvres  du  Rhdp pour confisquer le pouvoir, il faut proposer une alternative crédible en réactualisant le projet de société.

L’intérêt étant de créer une dynamique autour d’un discours politique plus cohérent afin d’entrainer par voie de conséquence une forme de légitimation.

C’est pourquoi, fort de  l’expérience de la gestion des affaires de l’Etat, le langage politique doit dorénavant être lié à l’action. Par rapport à cela, une  meilleure connaissance et une bonne préparation des  hommes   s’avèrent être un élément indispensable.

Les échéances électorales à venir sont l’occasion d’affirmer clairement leurs enjeux et les perspectives qui s’offrent au Fpi et au Cnrd soit en les boycottant activement ou passivement, soit en élaborant une stratégie participative adéquate.

Frères et sœurs, dans l’optique de la reconquête du pouvoir, la dictature houphouétiste avec son cortège de brimades peut constituer un tremplin pour l’opposition.

Puisse celle-ci s’inspirer de la lutte de nos devanciers et  tirer les leçons de ses erreurs, en développant des actions coordonnées en synergie avec les intérêts de nos populations. La reconquête de notre électorat a sonnée. Il est donc temps d’organiser une série de rencontres à la base pour pendre le pouls des difficultés engendrées par la crise et dégager des perspectives.

Avec le concours de tous, aucune force ne pourra résister à terme à l’exigence démocratique.

LOUIS SEVERIN ANOUMA

 (sevanouma@hotmail.fr)

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 05/05/2012 23:46

blog(fermaton.over-blog.com),No-6. THÉORÈME DE LA CHUTE. - OBSÉDÉ DU POUVOIR ??