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Ivoir-Opinion

LES SILENCES QUI TUENT L’AFRIQUE.

16 Septembre 2011 , Rédigé par ivoir-opinion Publié dans #côte d'ivoire

A propos de la Côte d’Ivoire et de la Lybie, le Président THABO MBEKI affirme la nécessité pour les africains de se dresser contre l’occident car ce qui se passe dans ces deux pays peut tout aussi bien se dérouler dans un autre. En fait le silence des dirigeants africains face aux manœuvres des pays occidentaux sur notre continent préoccupe au plus haut point l’ex chef d’Etat sud africain. Il me revient à l’esprit un autre silence qui a prévalu à la rencontre du Panel de l’Union africaine sur la crise ivoirienne avec la délégation du Président GBAGBO conduite par le Premier Ministre AFFI N’guessan. Pour rappel, après avoir exprimé le risque que prend le panel en suggérant une victoire hypothétique d’ADO, le Chef de la délégation du Président Laurent GABGBO a posé une question de principe qui a dérouté les membres du panel : « Sur quelles bases et quelles sont les motivations qui selon vous justifieraient la victoire d’Alassane Dramane Ouattara ?». Un silence alourdissant s’abattit soudain dans la salle. C’est alors que Jacob Zuma, Président de l’Afrique du Sud prend la parole pour enfoncer le clou en trouvant que la question du Président AFFI N’GUESSAN mérite une réponse du panel. Après plusieurs hésitations, le Président Mauritanien , président du panel, dit qu’ils ne donneront les motivations de la victoire d’Alassane OUATTARA que devant le Conseil de paix et de Sécurité qui devrait normalement se réunir dans les heures qui suivent. En réalité, l’embarras du Panel ne s’explique que sur la faiblesse de l’argumentation juridico-technique qui découle des résultats erronés de Yongui Choï, résultats sur lesquels la communauté internationale s’est précipitée pour proclamer Alassane OUATTARA vainqueur des élections présidentielles du 28 novembre 2010. L’Union Africaine ne pouvait que suivre les conclusions de sa consœur des Nations-Unies car il ne lui revenait pas, bien que les résultats techniques des experts étaient en faveur du Président GBAGBO, de dédire sa grande sœur et les membres permanents du Conseil de sécurité pourvoyeurs de ressources matérielles et financières. Si les silences de l’Afrique sont révélateurs de sa dépendance voire son incapacité à s’auto-déterminer et à se libérer des puissances occidentales, il est important de relever que c’est de l’Afrique du Sud que provient l’appel à la rupture et à la délivrance. Cette réaction Sud africaine ne peut se comprendre sans tenir compte du caractère historique spécifique de ce pays que constitue la longue et douloureuse lutte des noirs Sud africains contre la politique de l’Apartheid soutenu par les puissances européennes. Ceci pouvant expliquer cela, il faut reconnaître que les pays africains francophones et certains pays anglophones comme le Ghana et le Nigéria, tout en ayant connu, durant la colonisation, diverses formes de révoltes, n’ont jamais été engagés à l’instar des sud africains noirs et des pays lusophones, dans de véritables guerres de libération de leurs territoires. La conscience collective de la lutte y est de ce fait moins ancrée et les manœuvres de division des occidentaux y ont plus d’écho qu’ailleurs. Faudra-t-il donc attendre encore d’autres situations humiliantes et désolantes après l’esclavage et la colonisation pour qu’à l’image de l’Afrique du sud, la liberté devienne une absolue nécessité et une réelle aspiration pour les pays d’Afrique francophones? Si tel est le cas, tant que des africains demeureront fiers et enthousiasmés de bénéficier des miettes qui tombent de la table des occidentaux, les eaux troubles des intérêts maintiendront l’Afrique dans la spirale de violences développées circonstanciellement en vue de freiner son développement. Partant du principe que les intérêts déterminent les relations entre états, il serait bon de chercher à savoir ce que gagnent les pays africains en s’alignant sur les pays occidentaux qui se sont déjà partagés le monde au gré de leurs intérêts propres. L’Afrique des peuples en elle-même ne gagne rien si ce n’est les privilèges accordés à quelques dirigeants qui ne sont qu’adulés et respectés qu’à la mesure de leurs compromissions. Pourtant, bien qu’ils soient loin de rivaliser économiquement et militairement avec les nations occidentales, si l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Angola , l’Egypte et l’Algérie adoptent une position commune sur un problème africain, il serait difficile aux occidentaux d’entreprendre leurs funestes desseins. Force est de reconnaître que les dirigeants africains dans leur majorité évoluent selon leurs intérêts égocentriques en zappant volontairement sur les intérêts de leurs peuples. Mais ne sont-ils pas l’émanation de leurs peuples selon la volonté de l’occident ? LOUIS SEVERIN ANOUMA

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