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Ivoir-Opinion

FPI : L’INDUSTRIALISATION DE LA COTE D’IVOIRE A UN CARACTERE D’URGENCE MILITANTE

6 Mai 2015 , Rédigé par Louis Sévérin ANOUMA

FPI : L’INDUSTRIALISATION DE LA COTE D’IVOIRE A UN CARACTERE D’URGENCE MILITANTE

Contribution à une meilleure prise en compte de l’industrialisation dans le projet de société du FPI.

1. Définition de concepts

Le développement est un projet idéologique qu’il convient d’atteindre à travers une stratégie globale. C’est pourquoi le développement se conçoit et s’articule à partir d’intérêts socio- économiques.

L’industrie est la mise en œuvre de la technique pour réaliser des produits ayant une valeur sociale reconnue par les marchés nationaux ou internationaux.

Aussi, ramenée à différents secteurs tels, le textile (industrie du textile, la pétrochimie (industrie pétrochimique) etc., l’industrie correspond-elle à l’ensemble des activités ou des débouchés du secteur concerné aussi bien du point de vue du perfectionnement (savoir faire technologique…), de la performance (taille, division et spécialité du travail…) que de la commercialisation.

En revanche, l’industrialisation tout en étant un projet politique, est la phase du développement économique où l'industrie devient le principal moteur de la croissance générale.

Sur ce point, tout au long de l’histoire, l’industrialisation a entrainé une mutation socioculturelle de grande ampleur à travers l’acquisition de nouveaux savoirs, le changement du monde du travail, la naissance de nouvelles classes sociales, mais également la réduction de la pauvreté etc.

L’industrialisation reste donc la question centrale de la problématique du développement bien qu’elle soit souvent superficiellement abordée.

2. L’industrialisation non réussie

La Côte d’Ivoire s’est inscrite dans un schéma d’intégration verticale depuis les indépendances. Le modèle d’industrialisation par substitution à l’importation a vite montré ses limites à travers notamment la non maitrise des nationaux de ce secteur de l’économie.

C’est ainsi qu’au niveau de la structure du capital des Pme /Pmi, 26% est détenu par des intérêts privés ivoiriens et 74% par des investisseurs étrangers. Et qu’avant 2002, les capitaux des 400 grandes entreprises appartenaient à 80% aux étrangers.

Qu’en outre, 54% des entreprises industrielles manufacturières ont un fonds de roulement négatif, lorsque 67% d’entre elles affirment ne pas avoir eu accès au crédit bancaire au cours des cinq dernières années et que plus de 70% des PME accèdent difficilement aux financements sur moyen et long terme.

L’industrialisation nécessite également une bonne connaissance de l’environnement mondial car de nos jours, quelque soit l’endroit où se crée (où s’installe) une nouvelle capacité industrielle, que cela soit le fait d’une petite entreprise locale, d’une firme nationale locale ou d’une filiale d’une firme étrangère, le produit et la technique de production sont confrontés à la compétition et aux normes mondiales d’efficacité.

Selon une enquête, menée par le BNETD en 2012 auprès d’un échantillon représentatif de 269 entreprises industrielles et de services, seulement 17% des entreprises disposent de certification produit, 13% d’une certification pour le management qualité et 9% d’une certification pour le management de l’environnement.

3. Le challenge de l’industrialisation

Si le tableau de l’industrie ivoirienne dont la contribution au Pib est évaluée à 2O% s’avère peu reluisant, au regard des enjeux de notre développement et pour une croissance soutenue, l’industrialisation doit être conçue comme un mouvement centrifuge prenant son origine à partir de secteurs stratégiques ou prioritaires pour se diffuser dans d’autres secteurs à travers des politiques sectorielles d’industrialisation.

Car concevoir une politique d’industrialisation c’est prendre un certain nombre de mesures stratégiques visant l’essor des nouvelles technologies et la restructuration des branches d’activités qui pourront susciter une meilleure redistribution des investissements et de l’emploi.

Positionner la Côte d’Ivoire en ce troisième millénaire c’est stimuler l’innovation par des investissements judicieux dans le secteur secondaire ce qui, outre le progrès de la science, permet l’amélioration du capital humain et provoque la transformation rapide de notre économie basée principalement sur l’exportation des produits de base.

4. Les interrogations du FPI

De ce qui précède, le front populaire ivoirien (FPI) doit relever le défi de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire et surtout s’interroger sur :

Comment impulser le développement de la Côte d’Ivoire à travers son industrialisation ?

Comment au regard de la globalisation de l’économie, notre pays peut-il s’industrialiser ?

La capacité des firmes multinationales et la production massive des produits manufacturés sont-elles un frein à l’éclosion d’une véritable industrialisation de notre pays ?

En d’autres termes, comment pouvons-nous développer une industrialisation « durable » qui prend en compte les exigences du troisième millénaire ?

Toutefois, ces questionnements posent la réflexion globale sur l’économie nationale. Aussi préconisons-nous les Etats Généraux de l’économie ivoirienne où la problématique de l’industrialisation serait posée.

A tout prendre, faire de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire, l’axe principal de la politique économique du Front Populaire Ivoirien et le moteur de notre développement a un caractère d’urgence militante.

Louis Sévérin Anouma

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